ALGÉRIE
29/09/2014 09h:08 CET

Après l'assassinat de Gourdel , le tourisme saharien accuse le coup : nombreuses annulations sur le Tassili N'Ajjer

Flickr/Rainer Voegeli

Des réservations de longue date faites par des touristes étrangers pour le grand sud algérien ont été annulées, révèlent des professionnels d’un secteur qui subit durement les effets de la situation sécuritaire.

L'enlèvement suivi de l'assassinat d'Hervé Gourdel et les mises en garde de sécurité lancées par les autorités françaises ont suscité de la "nervosité" notamment chez les professionnels du tourisme en France.

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Jean-Pierre Mas, président des syndicats de voyage français, a même fait état d'une "forte baisse des réservations vers le Maroc, la Tunisie et, dans une moindre mesure, la Turquie".

Le tourisme saharien, déjà fortement éprouvé, par la décision des autorités algériennes de fermer en 2010 le parc de l'Ahaggar, a accumulé les mauvais évènements avec la dégradation de la situation au Mali et l’attaque terroriste contre la base gazière de Tiguentourine en janvier 2013.

L'enlèvement et l'assassinat de Hervé Gourdel en Kabylie dans le nord du pays, est arrivée au moment où, selon une tradition établie, commence la saison touristique dans le grand sud. La date consacrée pour le début officiel de la saison est le 27 septembre.

Les agences touristiques du sud qui survivent tant bien que mal font grise mine. L'impact de l'assassinat d'Hervé Gourdel touche même les grands mordus du désert. Les mises à jour vers le rouge des "travel warning" des chancelleries occidentales ont eu impact réel.

Des réservations effectuées de longue en date pour le parc national du Tassili N'Ajjer (Illizi), resté ouvert pour les touristes contrairement à celui de l'Ahaggar (Tamnarasset) sont passées à la trappe.

"Toutes les réservations de septembre-octobre ont été annulées au lendemain de l’émission des notes des gouvernement occidentaux déconseillant la destination Algérie à leurs ressortissants" a déclaré à Maghreb Emergent Ahmed Zegri, président du Syndicat des agences de voyage de la wilaya d’Illizi.

L'assassinat d'Hervé Gourdel pèse lourdement sur une saison touristique qui semblait redémarrer dans la "sérénité". Les alertes de sécurité des chancelleries occidentales qui ont suivi la tragédie ont amplifié le mouvement des annulations.

Pourtant, a regretté Ahmed Zegri, les circuits dans le Tassili N'Ajjer sont protégés par les services de sécurité algériens. Les dispositifs ont été renforcés après l'attaque terroriste contre la base de Tiguentourine, à In Amenas, en janvier 2013.

Pourtant, estiment des analystes, le tourisme saharien, aux potentialités considérables, continuera de dépendre de la situation sécuritaire et du contexte géopolitique.

Début 2014, le ministre algérien du tourisme, Mohamed Amine Hadj-Saïd, s'était réjoui de voir que le tourisme saharien dans le Sud et le Grand Sud n'avait pas pâti des crises dans les pays voisins.

Les services du ministère du tourisme avaient avancé le chiffre de près 127.000 touristes dans les wilayas du Sud (Ghardaïa, Béchar, Adrar, Illizi, Tamanrasset) au cours du dernier trimestre 2013, soit 30.000 personnes de plus qu’en 2012 à la même période.

Mais les professionnels du tourisme ne partagent guère l'optimisme du ministre, certains parlant même de chiffres écrans de fumée. Le tourisme saharien, traditionnellement dirigé vers une clientèle occidentale, est à "l'agonie", selon les professionnels qui estiment que la fermeture de l'Ahaggar en 2010.

Selon les chiffres officiels, 6.600 touristes étrangers ont visité les wilayas du Sud entre octobre et décembre 2013, soit 2.500 de moins par rapport à 2012.

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