ALGÉRIE
28/09/2014 11h:31 CET | Actualisé 28/09/2014 12h:59 CET

Affluence et aficionados au Festival International de la Bande Dessinée d'Alger 2014

M'hamed Kerrouche pour le HuffPost

La 7e édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Alger (FIBDA) s’est clôturée ce samedi 27 septembre, à l’Esplanade Riadh El-Feth. Pendant cinq jours, un programme syncrétique et une ambiance joviale étaient au rendez-vous de cette édition qui n’a pas déçu les attentes des bédéistes ni autres artistes.

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Cette année, le thème retenu était "Le Mondial des Bulles" avec le Brésil comme pays à l’honneur. Des expositions, conférences, rencontres et projections figuraient au menu de l'événement qui a accueilli 32 pays au total.

Une "armada" d’artistes et de passionnés

Au dernier jour du FIBDA, l’entrée était engorgée par de jeunes personnes qui se hâtaient et se bousculaient pour accéder à leur "bulle".

Cette année, le Festival a enregistré une affluence record, selon Imene Allal, coordinatrice de l’événement. La 7e édition a ainsi accueilli 4.000 visiteurs par jour, contre 2.500 personnes lors de la 6e édition.

La même responsable affirme au Huffington Post Algérie que cette fréquence journalière a atteint plus de 9.000 visiteurs pendant le week-end.

Une foule dense occupait déjà l’Esplanade, partagée entre le cosplay - activité qui tend à s’habiller selon un personnage d’animation japonaise - et les bandes dessinées, mises en vente ou exposées.

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Tandis qu’une poignée de jeunes gens restaient à l’écart, une guitare ou un crayon à la main, d’autres groupes, curieux et affolés, s’étaient déjà rassemblés autour des illustrateurs, bédéistes et artistes participant au Festival.

La même fièvre se ressentait lors des séances dédicaces, animées par des auteurs algériens et étrangers, notamment brésiliens, taïwanais et français.

La librairie du FIBDA était également pleine à craquer. Les amateurs étaient nombreux à circuler autour des tables et des rayonnages dressés, s’attardant sur une illustration comique, fantastique, policière, sociale, historique ou underground.

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Si certains parents se contentaient d’accompagner leurs enfants, d’autres ne manquaient pas de feuilleter les bandes dessinées à portée de leurs mains.

"Cela me rappelle mon enfance. Les BD n’étaient pas aussi belles et colorées, mais la nostalgie est là", se rappelle une dame d’une cinquantaine d’années.

Les impressions d’une libraire viennent confirmer l'intérêt de plus en plus grand des adultes pour les BD. "Cette année, la librairie a connu une affluence beaucoup plus importante. Même si les enfants et adolescents sont plus nombreux, les adultes achètent de plus en plus", indique-t-elle, amusée, au Huffington Post Algérie.

Le FIBDA à l’heure du Brésil

Le choix du Brésil comme invité d’honneur de cette 7e mouture du FIBDA doit beaucoup à la Coupe du Monde 2014 qu'a accueilli le pays sud-américain.

Des œuvres d’illustrateurs brésiliens longeaient tout un stand consacré aux artistes de l’éternel pays d’avenir, narrant à travers les Quadrinhos (BD) 145 ans de vicissitudes brésiliennes.

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Un large espace a notamment été consacré à Mauricio de Sousa, un dessinateur de presse brésilien connu pour ses personnages "Bidu", "Cebolinha" et "Cascao", adaptés à maintes reprises en dessins animés.

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Mauricio de Sousa s’est surtout illustré pour ses parodies des grandes oeuvres artistiques de l’Histoire. A titre d’exemple, son personnage "Cebolinha" devient dans l’une de ses parodies "Mona Lisa" de "La Jaconde" de Leonardo Da Vinci.

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Cette initiative s’explique par le goût prononcé de l’illustrateur pour l’art humoristique et amusant, qu’il exprimait dans chacune de ses œuvres.

Et tout le monde dessinait

Le FIBDA a cette année consacré plus d’attention aux ateliers de dessins. Une surface importante a été accordée à ces workshops qui interpellaient non seulement les enfants mais aussi les adultes passionnés de Mangas et de BD.

"C’est la première participation pour la majorité des enfants ici. Nous ne nous attendions pas à voir autant de personnes prendre part aux ateliers, ni à découvrir autant de talents", se réjouit Abderraouf Kamel, bénévole-animateur et membre de l’association algérienne Jeunesse Plus qui supervise l’atelier.

C’est également la toute première fois pour Rafik, un garçon 13 ans, content de donner libre cours à passe-temps préféré. "Nous pouvons dessiner tout ce qui nous chante. Quand nous terminons, nous montrons nos dessins à lui (Abderraouf) pour qu’il les accroche".

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Yazid, un jeune peintre de 33 ans, est quant à lui un habitué. "J’ai assisté aux trois précédents FIBDA y compris celui-ci. Je suis venu rencontrer des illustrateurs talentueux et partager ma passion pour les Mangas avec d’autres personnes."

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Plusieurs dessins ont été accrochés à des fils et placardés aux murs du stand. D’autres amateurs dessinaient, peignaient ou écrivaient à même les murs, ravivant l’aspect pâle du compartiment.

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Le Festival International de la Bande Dessinée d’Alger a mis la clé sous la porte, en attendant la prochaine édition, avec plus de nouveautés et de talents.

Galerie photo La 7e édition du FIBDA 2014 en photos Voyez les images

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