ALGÉRIE
24/09/2014 10h:59 CET

Une "vieille" taxe tunisienne fait toujours râler les exportateurs algériens

Wikimedia common

La taxe de sortie du territoire décidée par la Tunisie fait polémique dans les médias algériens mais le gouvernement l’a défendue en niant qu’elle ait un quelconque caractère arbitraire ou discriminatoire.

Le gouvernement algérien reste cependant silencieux sur une taxe tunisienne plus "vieille" qui continue de susciter le courroux des exportateurs algériens: la taxe dite de droit de consommation de 25%.

Le sujet est revenu sur le tapis, lundi, en marge d’une rencontre d’affaire algéro-tunisienne par la voix de Wahiba Bahloul, directrice des relations internationales auprès de la Chambre algérienne du commerce et d'industrie (CACI).

Elle a mis en avant les "multiples obstacles" rencontrés par les exportateurs algériens en raison de taxes imposées par la Tunisie qui vont, selon elle, à l’encontre de l'accord commercial préférentiel (ACP) entre les deux pays entré en vigueur le 1er mars dernier.

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Ce n’est pas la première fois que des opérateurs algériens, des producteurs de boissons notamment, accusent les autorités tunisiennes d’imposer une taxe "discriminatoire" sur les produits algériens.

Selon les autorités tunisiennes, la taxe de droit de consommation fixée à 25% s’applique aussi bien aux produits locaux qu’importés. Les opérateurs algériens, dont NCA Rouiba, un des plus importants producteurs de jus en Algérie contestent ces assurances. Ils affirment que les produits tunisiens en sont dispensés en réalité, créant une situation de concurrence "déloyale" au détriment des produits algériens.

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Mme Wahiba Bahloul estime qu’il existe un problème d’application de l’accord préférentiel citant la taxe de droit de consommation en exemple.

"La partie tunisienne nous a affirmé que la taxe en question concerne aussi bien les entreprises tunisiennes qu'étrangères. Mais la réalité est toute autre puisque l'on constate que ce sont uniquement les exportateurs algériens qui sont touchés. Ce qui est anormal".

Elle a également noté qu’il existait une taxe supplémentaire de près de 220 euros pour chaque camion de transport de marchandises algériennes à destination du marché tunisien et des retards dans les procédures administratives au niveau des postes frontaliers.

"En dépit des divers avantages accordés par l'accord commercial préférentiel algéro-tunisien, l'opérateur économique algérien rencontre d'immenses difficultés pour faire écouler son produit", a-t-elle déploré.

Les exportations algériennes vers la Tunisie, principalement des matières premières, ont été de 1,6 milliards de dollars en 2013 contre 493 millions de dollars d’exportations tunisiens, produits manufacturés et services surtout.

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