ALGÉRIE
17/09/2014 09h:02 CET

La Constitution algérienne consacre les droits des femmes mais les lois ne suivent pas

Flickr/AlainBachellier

Une infographie interactive du journal britannique The Guardian "Sur les droits des femmes dans le monde" publiée, mardi 16 septembre, indique que la Constitution de l’Algérie est exemplaire en matière de défense des droits des femmes. Mais comme une Constitution énonce des principes, c’est dans le détail des lois que les choses se jouent.

Et sur ce plan, le document constate que l’Algérie accuse un grand retard législatif dans les domaines de l’avortement, de la violence conjugale et des droits au travail. Pour reprendre le vieil adage, le diable est dans les détails. Et on les trouve – ou pas – dans les lois!

Ainsi, dans le domaine constitutionnel, l’Algérie fait le plein et enregistre un joli 20/20. Et pour cause, la Constitution consacre formellement la non-discrimination, mentionne la notion de genre, affirme l’égalité devant la loi, souligne l’infographie réalisée à partir des chiffres de la Banque mondiale et de l’Union européenne avant avril 2013.

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Les lois du pays protègent correctement les femmes en matière de harcèlement, en condamnant notamment le harcèlement sexuel en général et au travail en particulier. Aucune loi ne condamne cependant le harcèlement dans le milieu de l’éducation et les lieux publics, relève l’infographie.

Zéro pointé en matière de violences conjugales

En matière des violences conjugales (domestic violence) tous les voyants de l’Algérie sont au rouge. Le terme n’est d’ailleurs même pas mentionné dans la loi à l’heure actuelle et il n’existe aucune procédure judiciaire ou tribunal spécialisé dans le domaine.

Ni les abus financiers, émotionnels, physiques et sexuels à l’encontre de son épouse ne sont reconnus par la loi.

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Mais des améliorations sont en cours avec la révision du Code pénal en matière de violences faites aux femmes dont les premières mesures ont été annoncées fin juin par le Ministère de la Justice. L’avant-projet de loi prévoit ainsi des peines d’emprisonnement à l’encontre des auteurs de violence sur les femmes et condamne les hommes accusés de harcèlement dans un lieu public.

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Des progrès à l’accomplir en matière d’avortement

Si l’Algérie autorise l’avortement pour sauver la vie de la maman et pour préserver sa santé physique ou mentale, il est interdit dans les cas de viol ou d’inceste, de malformation du fœtus, pour des raisons économiques et sociales et sur demande.

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A ce niveau-là, l’Algérie se place bien loin de son voisin tunisien où l’avortement est autorisé dans tous les cas cités.

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L’Algérie a aussi des progrès à faire en matière de droits des femmes au travail pour arriver au niveau de son voisin marocain où la loi bannit la discrimination de genre à l’embauche.

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