ALGÉRIE
03/09/2014 11h:47 CET | Actualisé 03/09/2014 12h:36 CET

Des Marocains attaquent des Subsahariens à Tanger, des morts et des blessés

Capture d'écran d'une vidéo amateur montrant le ressortissant sénégalais tué à Tanger
Capture d'écran
Capture d'écran d'une vidéo amateur montrant le ressortissant sénégalais tué à Tanger

La tension est montée d’un cran à Tanger, nord du Maroc, après la mort d’un ressortissant sénégalais. Charles Alphonse N’Dour a été mortellement poignardé au cou dans le quartier de Boukhalef habité majoritairement par des migrants subsahariens sans-papiers.

Quatorze autres migrants ont été blessés dans des “accrochages” entre des résidents marocains et des subsahariens “candidats à l’immigration clandestine”, rapporte un communiqué de la préfecture de Tanger.

"Les migrants interrogés, ont fait part de la mort de trois autres migrants (un Camerounais et deux Guinéens) dont les corps ont été emportés par les agresseurs”, explique un communiqué de l’Organisation démocratique du travail (ODT)/Travailleurs immigrés, cité par Jeune Afrique .

Des témoins contactés par France 24 qualifient les incidents de “scènes de justice populaire”. “Les assaillants accusent les Noirs d’être des squatteurs, des alcooliques, à l’origine de problèmes d’insécurité dans le quartier”, indique Konaté (pseudonyme) qui était présent dans le quartier quand les violences ont éclaté.

Suite à cette attaque, des dizaines de migrants subsahariens ont défilé dans les rues de Tanger avant d’être dispersés par la police, pour dénoncer les violences dont ils sont régulièrement victimes, indique France 24,

Interrogé par l’AFP, Hicham Rachidi, fondateur du Groupe antiraciste de défense et d'accompagnement des étrangers et des migrants (Gadem), estime qu’"entre 800 et 1.000 migrants" vivent actuellement dans ce secteur périphérique de Tanger, dans l'attente d'une hypothétique traversée vers l'Europe”.

La préfecture a par ailleurs annoncé l’arrestation de neuf personnes "des deux parties" après les violences. Une enquête a été ouverte.

A Alger aussi

L’hostilité envers les migrants ne se limite pas qu’au Maroc. A Gué de Constantine dans la commune d’Ain Naadja à Alger, des Maliens ont été chassés par les habitants, dans la nuit du mercredi 27 août, rapporte le quotidien arabophone Echorouk.

Les habitants du quartier ont mis le feu aux tentes qui abritaient les migrants, indique le même journal.

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