ALGÉRIE
15/08/2014 15h:59 CET | Actualisé 16/08/2014 10h:04 CET

La dégradation de l'état de santé du grand poète Samih Al-Qasim émeut les Palestiniens

Samih Al-Qasim
Facebook
Samih Al-Qasim

"Je ne t’aime pas, ô mort… mais je n’ai pas peur de toi.

Je sais que mon corps est ton lit…. Et mon âme ton drap

Je sais que tes rives se rétrécissent sur moi…

Je ne t’aime pas ô mort.

Mais je n’ai pas peur de toi.

C’est l’un des derniers poèmes de Samih Al-Qasim, le grand poète palestinien, le jumeau poétique de Mahmoud Darwich, qui livre un combat contre le cancer du foie depuis trois années.

Son état de santé s’est grandement dégradé ses derniers jours. Son fils Watan a indiqué ce vendredi à l’agence palestinienne Wafa que le poète a quitté l’hôpital de Safed et qu’il est rentré chez lui au village de Rama, à Acre.

"Sa situation est difficile mais stable", a-t-il précisé.

"Un groupe de médecins suit mon père d’heure en heure dont le professeur Djamal Zidane et le Dr Oussama Hocine et nous espérons qu’il sortira sauf de cette épreuve" a-t-il déclaré.

Samih Al-Qassim, passe le plus clair de son temps endormi du fait des médicaments, a indiqué Watan, qui a remercié les palestiniens et les amis du poète qui se sont inquiétés pour lui.

Depuis plusieurs jours, de nombreux Palestiniens et notamment des intellectuels suivent avec émotion et inquiétude la bataille que livre le grand poète palestinien, Samih Al-Quassim, dont la stature chez les Palestiniens et dans le monde arabe de la dimension de son ami et complice Mahmoud Darwich.

L’ancien ministre palestinien de la culture, Yahia Yakhlef, qui l’a vu le 13 août, a indiqué que son moral était élevé et qu'il faisait face à la maladie avec courage.

Le jumeau de Darwich

Dans un post précédent il avait souligné que "Samih Al-Qasim et Mahmoud Darwich ont été les fondateurs de la littérature de la résistance. Mahmoud et Samih sont des jumeaux dans un parcours de combat, de créativité et de vie. Chacun de leurs poèmes est une icône, une partie de la littérature de la révolution, un aspect de la souveraineté".

Samih Al-Quassim a écrit des poèmes chantés dans l’ensemble du monde arabe où ils se sont répandus grâce au chanteur et musicien Marcel Khalifa.

L’une de ses chansons, "Mountassiba Al Qama" est chantée à toutes les occasions patriotiques et dans les manifestations.

Samih Al Qasim, né 1939, est issue d’une famille d'intellectuels et d'imams druzes de Ram. Il est, avec Mahmoud Darwich, le porte-voix moderne du combat des Palestiniens.

On a raconté à Samih Al Qasim qu’en revenant dans un train avec son père, officier des douanes à l’est de la Jordanie, il avait tellement pleuré que des voyageurs, craignant qu'il attire l’attention de l’aviation allemande, ont menacé de le tuer.

Son père avait dû sortir son pistolet pour calmer les gens. Samir Al-Qasim a commenté l’incident avec un humour sérieux : "On a essayé de me faire taire dès l’enfance…. Mais je vais leur montrer. Je vais parler comme je l’entends, à tout moment et à

haute voix. Personne ne pourra me faire taire".

Avancez...

Sa maladie qui le ronge depuis trois ans lui parait moins grave que la colonisation de la terre par Israël.

"Je n’ai pas peur du cancer, il est en moi, il ne me vaincra pas, mais aidez-moi à faire face au cancer de l’occupation qui s’étend dans mon pays".

Dans certains de ses entretiens, il disait qu'il ne demandait à la mort qu'un peu de temps pour terminer certaines choses en suspens, des choses simples qui attestent de son amour de la vie sans crainte de la fin.

"Je veux marier mon fils Yasser et publier des livres sur lesquels je travaille. Et peut-être faire un autre job, si c'est possible. Mais si la mort vient, toz fiha, "merde à elle...".

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.