ALGÉRIE
15/08/2014 08h:44 CET | Actualisé 15/08/2014 11h:18 CET

Révolté par "les meurtres perpétrés par l'Etat d'Israël", un Juste néérlandais rend sa médaille

Le diplôme et la médaille de Juste parmi les nations remis par l’Institut Yad Vashem
Wikimedia Commons
Le diplôme et la médaille de Juste parmi les nations remis par l’Institut Yad Vashem

Un Néerlandais de 91 ans, décoré comme Juste parmi les Nations, a rendu sa médaille de distinction après la mort de 6 membres de sa famille dans des bombardements de l'armée israélienne à Gaza.

Le père de Henk Zanoli avait été envoyé en 1945 dans le camp de concentration de Mauthausen, après avoir critiqué à plusieurs reprises en public le régime nazi.

Une déportation qui n'avait pas empêché le jeune homme, resté seul avec sa mère, de cacher à son domicile un enfant juif dont les parents avaient été tués.

Un acte de bravoure qui lui avait valu, ainsi qu'à sa mère, de recevoir en 2011 le titre de Juste parmi les nations, décerné par le mémorial de la Shoah Yad Vashem à Al Qods.

Mais le Néerlandais, qui approche aujourd’hui de ses 100 ans, a décidé de renoncer à cette distinction honorifique, la plus prestigieuse délivrée par l'Etat d'Israël à des civils, relate Haaretz, repris par le site israélein i24 news.

Selon le site d’information, une parente de l'homme a été tuée, avec son mari et ses trois enfants, lors d'un des derniers bombardements israéliens sur Gaza.

Après que Zanoli ait entendu parler de leur mort, il a décidé de restituer sa médaille de distinction, en l'envoyant par courrier à l'ambassade israélienne à la Haye.

"Il est particulièrement choquant et tragique aujourd'hui, quatre générations plus tard, que notre famille soit confrontée à l’assassinat de nos proches à Gaza", a écrit Henk Zanoli dans une lettre expliquant sa décision.

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Il s'agit d'un "meurtre perpétré par l'Etat d'Israël". "En ce qui me concerne, garder l'honneur accordé par l'Etat d'Israël, dans ces circonstances, serait à la fois une insulte à la mémoire de ma mère courageuse qui a risqué sa vie et celle de ses enfants (...) tout comme une insulte pour ceux de ma famille, quatre générations plus tard, qui ont perdu pas moins de six de leurs parents à Gaza aux mains de l'Etat d'Israël", explique-t-il.

Contactée par le journal israélien Haaretz, l'armée israélienne, n'a pas souhaité commenter l'information.

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