MAGHREB
08/08/2014 15h:48 CET | Actualisé 09/08/2014 08h:56 CET

Tunisie - Marzouki à Washington: J'ai suffisamment de problèmes avec de nombreux pays arabes

Que ce soit au sujet de la Libye, de la Syrie ou du conflit à Gaza, Moncef Marzouki semblait marcher sur des oeufs lors d'une conférence de presse accordée à la Ligue des journalistes arabes à Washington, en marge du Sommet Afrique.

Israël, le Hamas et les pays arabes

"J'ai suffisamment de problèmes avec de nombreux pays arabes", a lancé le président de la République tunisienne à la fin de la conférence. Une journaliste lui avait alors demandé de commenter les propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon qui "la guerre à Gaza avait quelque chose de positif, dans le sens où elle a permis de renforcer les relations entre Israël et certains pays arabes".

Cette question a été posée dans le contexte de l'offensive d'Israël contre Gaza, présentée comme une guerre contre le Hamas. Certains pays arabes, notamment l'Egypte ou l'Arabie saoudite, ne cachent pas leurs différends avec le mouvement islamiste palestinien et ont parfois été accusés de soutenir l'Etat hébreu contre le Hamas.

A l'occasion de ce point presse, Moncef Marzouki a également été interrogé sur la situation en Libye et en Syrie.

La Syrie, la "Nation arabe" et les pays lointains

Au sujet de la rupture des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Syrie, Moncef Marzouki s'est emporté et a tenté d'empêcher le journaliste de répéter sa question. Mais ce dernier insiste et demande si la Tunisie comptait rompre les relations diplomatiques avec tous les Etats non démocratiques, dans la logique de ce qui a été décidé pour la Syrie.

Marzouki rétorque alors que ce qui se passait en Syrie, en tant que pays de la "Nation arabe", "l'intéressait davantage que n'importe quel pays lointain".

Une délicate intervention sur la Libye

Interrogé enfin sur sa position quant à une éventuelle intervention en Libye, Marzouki affirme dans un premier temps que toute intervention étrangère était à éviter, sauf dans certains cas. Il déclare ainsi que si le gouvernement libyen "légitime" en faisait la demande auprès des Nations unies, de l'Union africaine ou de la Ligue arabe, une intervention pouvait être justifiée.

"Cependant, cette force ne saurait être une force en guerre contre un camp ou un autre, mais elle servirait par exemple, à sécuriser les institutions", a-t-il déclaré avant de s'interrompre: "Vous voulez m'inciter à créer un incident diplomatique (...) donc je ne vais pas approfondir!".

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Lors de cette rencontre avec les journalistes arabes, le président de la République n'a donc pas caché les différends qui l'opposent à certains pays arabes qu'il ne nommera pas. Marzouki se trouvait à Washington pour participer au Premier Sommet Afrique en présence de Barack Obama et des dirigeants africains.

En marge du sommet, il a appelé les Etats-Unis à venir en aide à la Tunisie, notamment en matière d'armement nécessaire à la lutte contre le terrorisme.

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