ALGÉRIE
27/07/2014 11h:31 CET | Actualisé 27/07/2014 18h:35 CET

Agressé par un extrémiste de la Ligue de défense juive (LDJ), Pascal Boniface dépose plainte

Wikimedia Commons

Le conflit israélo-palestinien fait une nouvelle victime en France. Celle-ci n’est autre que Pascal Boniface directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques(IRIS) et enseignant à l'université Paris-VIII.

Le chercheur a été agressé verbalement ce mercredi à Paris et a déposé plainte au commissariat du 11eme arrondissement.

Auteur de La France malade du conflit israélo-palestinien, Pascal Boniface a posté ce mercredi 23 juillet sur son compte facebook une "Plainte déposée au commissariat du 11e contre celui qui m'a agressé et menacé de revenir avec ses copains de la LDJ chez moi. Photo fournie. J'attends avec impatience résultats de l'enquête, certain que tout sera mis en œuvre pour le retrouver. Euh, on verra !" .

post de pascal boniface

Une alerte du chercheur qui a permis à ses followers d’apprendre qu’il a, une nouvelle fois, été attaqué par les militants de la Ligue de défense juive (LDJ). Une organisation extrémiste qui, à maintes reprises, s’en est prise au chercheur pour ses positions pro-palestinienne.

La publication récente de La France malade du conflit israélo-palestinien, lui a valu de nouvelles cabales. Il est, depuis, accusé d’antisémitisme et d’antisionisme par certains gardiens de la pensée et les laudateurs de la "seule démocratie du Proche-Orient". Comme le journaliste du Canard enchaîné Fréderic Haziza qui parle de "l'obsession juive" de Pascal Boniface l’accusant de commettre une "faute morale", et le présentant comme "un pseudo-expert."

Le directeur de l'Iris confie aux confrères de Saphirnews qu’il a été "la cible de menaces de mort, samedi 19 juillet à Paris, de la part d’un individu ne partageant pas, pour le moins que l'on puisse dire, ses analyses sur la situation au Proche-Orient".

"Il n’y a pas eu d’agression physique, on ne m’a pas roué de coups. Un individu m’a abreuvé d’insultes, m’a promis plusieurs mauvais traitements, allant jusqu’à me crever les yeux, en me traitant d’antisémite, en me disant que j’étais payé par les Arabes... Il m'a fait différentes menaces plus sordides les unes que les autres. Et il a conclu en me disant qu’il avait mon adresse et qu’il allait revenir pour me butter avec ses copains de la LDJ", a-t-il encore déclaré.

Un extrémiste récidiviste

L’auteur des menaces, selon M. Boniface, est "un militant sioniste présumé qui semble avoir le même âge que lui (58 ans) et habiterait probablement le même quartier que lui".

Le coupable n’en était pas à son premier coup d’essai. "Cela fait déjà trois ou quatre fois que cette personne est venue m’insulter et me menacer en 10 ans", indique-t-il. Cette fois, "j’ai considéré que les menaces étaient encore plus importantes et précises. Donc j’ai décidé d’aller porter plainte, pour protéger l’avenir."

Le chercheur a déposé plainte au commissariat du 11e arrondissement de Paris pour "menaces de mort réitérées" et a, en même temps, fourni une photo de son agresseur aux policiers qu’il a réussi à prendre.

"Je ne doute pas qu’il sera retrouvé rapidement et qu’il sera convoqué. Du moins, l’inverse m’étonnerait", précise-t-il. "J’espère que la police fera preuve de la même sévérité qu’elle saura faire preuve en d’autres occasions. Sinon, je me poserai des questions sur mon statut de citoyen." "Ceux qui critiquent mes positions auraient au moins pu condamner ce type de déclarations, mais j’attends encore », a conclu le directeur de l’Iris.

Pascal Boniface a, faut-il le rappeler, été le premier à tirer la sonnette d’alarme sur le danger des accusations portés à l’encontre de ceux qui s’opposent au sionisme et à l’occupation israélienne.

Son livre Peut-on critiquer Israël en France ? Paru en 2003, lui avait valu une levée de boucliers similaires à celle d’aujourd’hui et des procès devant les tribunaux.