ALGÉRIE
26/07/2014 06h:15 CET | Actualisé 26/07/2014 06h:30 CET

Guerre contre Gaza: Le prétexte du kidnapping de 3 israéliens avancé par Netanyahu trés contesté

Khaled Meshal avait déclaré début juillet que le Hamas ne savait rien à propos de ce kidnapping
AFP
Khaled Meshal avait déclaré début juillet que le Hamas ne savait rien à propos de ce kidnapping

Le Hamas n'est finalement pas à l'origine du kidnapping et meurtre des 3 adolescents Israéliens le mois dernier. L'incident a été avancé par le Premier ministre Israélien Benjamin Netanyahu comme prétexte pour justifier l'offensive sur Gaza. "Hamas est responsable et Hamas va payer", écrivait-il sur son compte Twitter officiel le jour même où les corps des trois victimes ont été retrouvées en Cisjordanie.

Depuis, Israël a lancé son opération "Bordure de Protection", bombardant quasiment sans cesse la bande de Gaza, faisant plus de 900 morts parmi les palestiniens dont au moins 210 enfants.

Mais ce vendredi, l'inspecteur en chef Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne, a indiqué au journaliste de la BBC Jon Donnison que les suspects dans le meurtre des trois jeunes Israéliens appartiennent à une "cellule autonome" affiliée au Hamas mais n'agissant pas sous les ordres de son leadership. Micky Rosenfeld explique aussi que si l'ordre venait des dirigeants du Hamas, ils (la police israélienne) "l'auraient su à l'avance".




Les propos du porte-parole de la police israélienne renforcent l'analyse de Shlomi Eldar, journaliste israélien, sur Al Monitor, site spécialisé sur le Moyen-Orient. Il indiquait dans cet article publié le 29 juin dernier que les deux suspects dans cette affaire, Marwan Qawasmeh et Amar Abu Aisha, sont considérés par les forces de sécurité palestiniennes comme faisant partie des Qawasmeh, un clan basé à Hébron et comptant environ 10 000 personnes.

"Le clan, bien que connu pour être affilié au Hamas, s'est fabriqué une réputation de fauteurs de troubles. Non seulement ignore-t-il les leaders du mouvements, mais agit aussi à l'encontre de la politique plaidée par le mouvement", écrit Shlomi Eldar.

Il cite l'exemple du 19 août 2003 et l'attaque kamikaze dans un bus à Al-Qods causant la mort de 23 Israéliens. Après un accord entre Israël et Hamas sur un cessez-le feu qui devait mettre fin à la seconde intifada, deux membres du clan exécutent cette attaque trois jours avant que le cessez-le-feu ne devienne effectif pour venger la mort de Abdullah Qawasmeh, assassiné par Israël. Cette trêve avait le soutien de Cheikh Ahmed Yassin, alors leader du Hamas.

Ce lien avec le Hamas malgré l'autonomie du clan ne fait pas l'unanimité cependant. Julien Salingue, docteur en sciences politiques et spécialiste de la Palestine, cité par Le Point, met en avant une théorie qui tendrait à disculper le mouvement de Khaled Meshal.

"Dans une société sans État, les structures les plus fiables sont familiales", rappelle le spécialiste de la Palestine. "À Hébron notamment, la famille est une force sociale à part entière qui peut avoir son agenda autonome propre"

En début juillet et après une large opération d'arrestations dans les rangs des activistes du Hamas menée par Israël dans le cadre de l'enquête, le mouvement a intensifié ses tirs de roquettes en direction d'Israël. Bien qu'il n'y ait pas eu de victimes, l'Etat hébreu a exploité ce pas de la part du Hamas pour entamer ses bombardements sur la bande de Gaza.

Une trêve de 12 heures est observée ce samedi 26 juillet alors que des efforts diplomatiques se multiplient avec notamment une réunion de ministres des affaires étrangères à Paris. Outre le chef de la diplomatie américaine John Kerry, les ministres français, britannique, allemand, italien, qatari, turc et de l'Union européenne participent à la réunion.

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