ALGÉRIE
26/07/2014 11h:27 CET | Actualisé 26/07/2014 13h:53 CET

Israël traite le Brésil de "nain diplomatique", le Jornal do Brasil riposte à un "Etat aveugle"

Wikimedia Commons

Rien ne va plus entre le Brésil et Israël. Jeudi, le Brésil a décidé de rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv en condamnant "l'usage disproportionné de la force par Israël dans la bande de Gaza, qui a entraîné la mort d'un grand nombre de victimes civiles, dont des femmes et des enfants".

Le ministère brésilien des affaires étrangères a expliqué également qu’au regard de " la gravité de la situation, le gouvernement brésilien a voté pour la résolution du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur la tenue d’une enquête sur l'offensive israélienne.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor a réagi en déclarant qu’Israël était "déçu" de la décision prise par le Brésil, estimant qu'elle ne reflétait pas le niveau des relations entre les pays.

"Ces mesures ne contribuent pas à promouvoir le calme et la stabilité dans la région. Elles fournissent plutôt un vent favorable au terrorisme, et, naturellement, affectent la capacité du Brésil à exercer une influence ", a-t-il ajouté.

Yigal Palmor ne s’est cependant pas contenté du langage diplomatique habituel en pareille circonstances. Il est revenu à la charge dans des entretiens au Jerusalem Post Report et The Jornal Nacional Tv avec des propos plus blessants qui suscitent des réactions furieuses dans la presse brésilienne.

"Il s'agit d'une démonstration malheureuse" qui explique, selon lui, "pourquoi le Brésil, un géant économique et culturel, reste un nain diplomatique". Le porte-parole israélien poussera l’écart diplomatique jusqu’à ironiser et faire une parallèle – de mauvaise gout selon les médias brésiliens - sur la prestation de la seleçao au cours du Mondial 2014.

"Quand on perd dans un match de football 7-1, on peut parler de disproportion mais pas dans la vie réelle et sous les lois internationales".

Le ministre des affaires étrangères brésilien, Luiz Alberto Figueiredo a choisi de répondre dans les usages et avec sobriété. "Nous sommes l’un des seuls 11 pays qui ont des relations diplomatiques avec tous les pays membres des nations unis, et notre militantisme pour la paix et la stabilité dans le monde ne date pas d’aujourd’hui" a-t-il déclaré à CBN Radio.

" S’il y a des nains en diplomatie, le Brésil n'en fait surement pas partie".

La presse brésilienne fait preuve de moins de retenue face aux déclarations du responsable israélien. La réponse est venue dans un éditorial en page une intitulé "Des aveugles et des nains", du Jornal do Brasil, un des plus grands journaux du pays.

Mauro Santayana souligne qu’Israël est un Etat "aveugle" dont "la cécité causera la perte". Il met en exergue les succès de la diplomatie de son pays dont la plus récente est le lancement de Banque des BRICS sans compter son partenariat incontestables avec des géants économiques du monde.

Le Brésil, écrit-il, n’a pas de "de leçon à recevoir d’un pays comme Israël". Mais, ironise-t-il, "dans notre condition de ‘nains non pertinents’, nous pourrions apprendre du gouvernement israélien, dans le domaine de la diplomatie, comment nous nous isoler de tous les peuples de notre région.

Aveuglé par la colère et les préjugés et la haine viscérale de nos voisins, on devrait apprendre comment détruire ou occuper leurs maisons, comment les bombarder, comment blesser leurs parents et grands-parents, comment tuer et mutiler leurs mères et épouses, et comment exploser les têtes de leurs enfants".

C’est le grand "savoir-faire" que l’éditorialiste reconnait à Israël.

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