ALGÉRIE
19/07/2014 13h:02 CET | Actualisé 19/07/2014 13h:38 CET

Manifestation pro-palestinienne à Paris: des centaines de personnes se rassemblent malgré l'interdiction, des échauffourées (PHOTOS)

AFP

GAZA - Malgré l'interdiction de cette manifestation par les autorités, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi 19 juillet à Barbès, dans le nord de Paris, pour exprimer leur soutien aux Palestiniens de Gaza. Des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre. En province, des milliers de manifestants ont défilé dans le calme.

Le président de la République avait lui-même lancé une mise en garde, depuis le Tchad où il se trouve en visite officielle, avertissant que "ceux qui veulent à tout prix manifester en prendront la responsabilité". "J'ai demandé au ministre de l'Intérieur que ces manifestations (à Paris) ne puissent pas se tenir", a souligné François Hollande, notant que cela "n'empêchera pas d'autres moyens d'expression".

La préfecture de police de Paris avait interdit cette manifestation en évoquant des "risques graves de trouble à l'ordre public" après les heurts du 13 juillet devant deux synagogues, en marge d'un autre rassemblement.

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Peu après 14h, plus d'une centaine de militants, certains munis de pancartes, étaient déjà massés sur le carrefour situé non loin de la Gare du Nord. "Nous sommes tous des Palestiniens" ou "Palestine vivra, Palestine vaincra", ont-ils scandé, sous l’œil de très nombreux CRS. Le cortège initial était prévu à 15h. Des dizaines de cars de police étaient stationnés de chaque côté du métro aérien à Barbès. Plusieurs avenues étaient coupées à la circulation, provoquant des embouteillages.

Des drapeaux israéliens brûlés

Aux alentours de 16h, des manifestants ont jeté des projectiles, des cailloux et des bouteilles sur les forces de l'ordre. Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, provoquant des mouvements de foule dans les petites rues autour du carrefour Barbès. Selon eux, au moins une personne a été blessée.

Dans une grande confusion, plusieurs poubelles ont été jetées à terre et de nombreux magasins du quartier ont baissé leur rideau, dans une atmosphère rendue irrespirable par les gaz lacrymogènes. Au moins deux drapeaux israéliens ont été déchirés et brûlés, sous les applaudissements de la foule. En tête du cortège, de jeunes hommes, keffiehs sur le visage, ont défié les CRS en les filmant avec leurs smartphones, raconte une journaliste de l'AFP.

(suite de l'article sous le diaporama)

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Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), était le seul parti politique à avoir maintenu son appel au rassemblement même si des membres du Front de gauche ont également pris part à la manifestation.

Les organisateurs de la manifestation, responsables entre autres de petites organisations pro-palestiniennes, avaient introduit un recours en urgence devant le tribunal administratif de Paris contre cette interdiction. Un recours rejeté vendredi soir. Leur avocat, Me Hosni Maati, avait indiqué dans la soirée que ses clients avaient l'intention de saisir le Conseil d'Etat. Mais l'institution, contactée par l'AFP, n'avait pas enregistré d'appel samedi à la mi-journée.

Le préfet de police de Paris, Bernard Boucault, avait à nouveau appelé samedi matin à ne pas se rendre à ce rassemblement. Si des manifestants "ou des contre-manifestants", tentaient d'y participer, ils prendraient le risque "d'être contrôlés, interpellés et remis à la justice", a-t-il prévenu. Le parquet a rappelé de son côté que le fait d'organiser un rassemblement interdit est passible d'une peine de six mois de prison et de 7500 euros d'amende.

Les manifestants "connaissent les risques, mais on considère que cette interdiction est une attaque contre un droit démocratique et élémentaire", avait affirmé Sandra Demarcq, membre de la direction du NPA. Face à l'interdiction, certaines organisations prévoient une autre manifestation mercredi soir à Paris, place de la République.

Rassemblement à Lille, Lyon, Avignon, Strasbourg

Plus de 5000 personnes à Lyon, 1700 à Saint-Etienne, 600 à Clermont-Ferrand, 1500 à Avignon, 1300 à Strasbourg, ont aussi défilé samedi dans le calme en agitant des drapeaux palestiniens.

A Lyon, où le défilé a pris du retard au démarrage, de nombreux militants prenaient le micro sur une camionnette en tête de cortège en scandant "Israël assassin". De nombreux jeunes, dont des femmes voilées, portaient le drapeau palestinien ou des keffieh sur les épaules. Certains scandaient "interdiction de la LDJ (Ligue de Défense Juive)" accusée d'avoir attisé des violences en marge du défilé Palestinien près de la synagogue de la rue de la Roquette à Paris dimanche dernier.

Un militant de l'Union Juive Française pour la Paix qui prenait le micro sur la camionnette s'est brièvement fait huer par une partie des manifestants avant de se faire applaudir après avoir dénoncé "la prétendue guerre contre le Hamas qui n'est rien d'autre qu'une guerre contre un peuple qui demande sa liberté".

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En tête du cortège strasbourgeois, plusieurs dizaines de manifestants brandissaient une large banderole où l'on pouvait lire: "Palestine urgence! Contre le mur et l'occupation - pour le respect du droit international - engagement immédiat de l'Europe!". D'autres manifestants arboraient des photos des destructions à Gaza causées par les bombardements israéliens, lisaient à haute voix des noms de victimes ou portaient des drapeaux palestiniens.

Un rassemblement était aussi organisé à Lille :

Des milliers de manifestants à Londres

Outre-Manche aussi, des manifestants se sont mobilisés contre l'opération israélienne à Gaza et en faveur du peuple palestinien. A Londres, ils étaient plusieurs milliers à s'être rassemblés, comme le rapportent nos confrères du HuffPost britannique sur Twitter:

La manifestation organisée à l'appel de sept associations parmi lesquelles Stop the War, Palestine Solidarity Campaign ou Islamic Forum of Europe, a débuté à 13h (heure française), sous un ciel gris et humide, devant les grilles du 10 Downing Street, cabinet et résidence du Premier ministre. Le cortège s'est ensuite mis en route pour se rendre jusqu'aux abords de l'ambassade d'Israël, située dans le quartier de Kensington, dans l'ouest de la capitale.

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Des orateurs, parmi lesquels la député travailliste Diane Abbott, se sont succédé à la tribune et plusieurs ont dénoncé l'interdiction par le gouvernement français de la manifestation parisienne: "Honte au gouvernement français qui a interdit une manifestation", a dit au micro l'un d'entre eux, donnant lieu aux huées de la foule.

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