ALGÉRIE
13/07/2014 10h:24 CET | Actualisé 13/07/2014 11h:24 CET

Rabat craint le retour des djihadistes marocains qui ont acquis de "l'expertise" en Syrie et en Irak

Wikimedia Commons

Entre 1000 et 2000 marocains seraient enrôlés dans le Djihad en Syrie et Irak. L’écart dans les chiffres donnés par les médias marocains renseigne sur la difficulté de la collecte de l’information mais il montre que le phénomène est sérieux.

400 marocains sont morts dans les combats en Syrie depuis le début de l’insurrection contre le régime de Bachar Al-Assad.

Le retour de ces djihadistes "formés " sur le terrain suscite de très fortes appréhensions au Maroc où le gouvernement a décidé de renforcer les dispositifs de sécurité et d’augmenter le niveau de vigilance.

Jeudi, le ministre marocain de l’intérieur, Mohamed Hassad, a présenté une évaluation des services de renseignements qui évoque une "menace terroriste sérieuse" pour le Maroc.

"L’expertise" acquise au cours de leur séjour dans ces théâtres de combats devenus des pôles d’attraction des salafiste djihadiste rend cette menace plus impérieuse.

Le ministre marocain a évoqué l’expérience accumulée par ces marocains "en matière de fabrication d'explosifs, de techniques de combat, d'usage d'armes lourdes et par les formations qu'ils ont suivies dans plusieurs domaines militaires".

“Un certain nombre de ces combattants assument des postes de premier plan dans ces organisations et ne cachent pas leur intention de perpétrer un acte terroriste” au Maroc, a indiqué le ministre dont les propos ont été rapportés par le porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi.

Des liens avec AQMI

Les investigations ont démontré, selon lui, que certaines d'entre eux entretiennent des liens solides avec des organisations internationales, notamment AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Il est probable, a ajouté le ministre, que ces activistes sollicitent le concours de groupes terroristes opérant en Afrique du nord ou des extrémistes marocains qui ont proclamé leur allégeance à l'Etat islamique en Irak et au Levant.

C’est la première fois que les autorités sécuritaires marocaines font ce genre d’annonce, observe un analyste qui constate la forte attractivité de la Syrie et de l’Irak pour les djihadistes marocains alors qu’ils n’ont pas été nombreux dans le passé à aller vers les zones du djihad comme l’Afghanistan, la Bosnie ou le Sahel. Dans ces zones du "djihad " tout au plus "quelques dizaines" de marocains étaient engagés alors qu’aujourd’hui ils seraient au moins un millier.

Une étude publiée par Carnegie en avril dernier donnait, sur la base de déclarations de dirigeants salafistes, entre 1000 et 1500 marocains en Syrie.

Le premier groupe de marocains djihadiste aurait rejoint la Syrie en 2012 sous la bannière d’Al Qaïda en Irak, puis dans les rangs du Front de la Nosra avant de se diviser avec la naissance de l’EIIL ou Da3ech.

La plupart des marocains enrôlés dans l’EIIL sont des hommes de troupes et un petit groupe d’entre eux seulement ont atteint des niveaux de cadres intermédiaires.

Dans les rangs de Cham Al-Islam

C’est cependant le mouvement Cham Al-Islam qui a enrôlé le plus de marocains. 700 d’entre eux y était enrôlés, selon l’auteur de l’étude, sous le commandement de Brahim Benchekroun , un ancien détenu de Guantanamo, mort dans les combats contre le régime syrien avec de dizaines de marocains.

C’était écrit, l’auteur de l’étude Mohamed Mesbah, l’homme le plus « influent sur les volontaires qui se rendent en Syrie et notamment les anciens détenus salafistes avec qui il était liés par des relations d’amitiés dans les prisons marocaines».

Selon l’auteur, l’attrait des marocains pour la Syrie plutôt que pour les théâtres proches, comme le Sahel, tient à la facilité d’aller dans ce pays. Les djihadistes marocains s’y sont rendus individuellement ou par petits groupes.

Le Maroc a promulgué quelques jours après l’attentat kamikaze du 16 mai 2003 à Casablanca, qui a fait 40 morts dont les kamikazes, une nouvelle législation antiterroriste.

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