MAGHREB
08/07/2014 11h:52 CET | Actualisé 09/07/2014 09h:59 CET

Entretien avec Faouzia Charfi, récipiendaire du Prix Tesla: "Il faut lutter contre l'obscurantisme"

AFP

Faouzia Charfi été désignée le 27 juin dernier comme lauréate du prix Tesla. La physicienne et ex-secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Enseignement supérieur recevra cette récompense le 20 septembre 2014 à Podgorica (Monténégro) notamment pour "la qualité de ses travaux scientifiques". Le prix Nobel de physique 2007, Albert Fert, faisait partie du jury. Un prix scientifique mais aussi politique.

C’est la première fois que le prix Tesla est décerné. Créé conjointement par la fondation Petrovitch Njegosh, le Programme MED 21, le Musée Tesla de Belgrade et l’université de Zagreb, il est nommé en hommage au physicien Nikola Tesla, un des pères fondateurs de l'électromagnétisme. Son nom a d'ailleurs été donné à une unité de mesure, celle de l'induction magnétique.

Le prix Tesla a été attribué à Faouzia Charfi pour ses travaux sur l’électromagnétisme et particulièrement sur "les propriétés optiques et électroniques des semi-conducteurs". Mais comme elle l’explique dans un entretien téléphonique accordé au HuffPost Maghreb, le prix n’est pas "uniquement scientifique".

"Une lutte contre l’obscurantisme"

En plus de ses compétences scientifiques, c’est "son engagement citoyen en faveur de l’accession des femmes à l’étude, à la pratique des sciences et son combat contre l’obscurantisme" qui sont récompensés. Veuve de Mohamed Charfi, ancien président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, Faouzia Charfi est une scientifique engagée.

"J’ai été éjectée de mon laboratoire en 2002 pour des raisons politiques" affirme-t-elle. "J’ai donc décidé de me réorienter dans la lutte contre tout ce qui peut provoquer un blocage à la science." Et ces blocages, selon Faouzia Charfi, ils peuvent venir du manque de liberté démocratique mais aussi des limites fixées par la religion.

"On est soumis à des limites au niveau religieux. Ça rappelle un peu l’histoire du procès de Galilée. Les islamistes ont des problèmes avec tout ce qui peut aller contre les écrits religieux". Une lutte contre "l’obscurantisme", qui concerne particulièrement Faouzia Charfi.

"C'est un vrai obstacle au développement économique et scientifique de la Tunisie. On a fait la Révolution démocratique, il faut maintenant faire la Révolution du savoir".

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