ALGÉRIE
05/07/2014 14h:21 CET | Actualisé 06/07/2014 06h:47 CET

Petite histoire des cinq années de captivité de Cervantès à Alger

Portrait de Miguel Cervantès Saavedra
Facebook/Institut Cervantès d'Alger
Portrait de Miguel Cervantès Saavedra

Il y a des légendes tenaces. Il se murmure ainsi dans les rues d’Alger que le célébrissime roman Don Quichotte fut écrit dans la capitale algérienne par Miguel de Cervantès.

La version historique diffère quelque peu.

"Le roman n’a pas été écrit à Alger mais il a été pensé à Alger" rectifie la directrice de l’Institut Cervantès à Alger, Raquel Romero Guillemas. “Les cinq années de captivité à Alger (1575-1580) ont apporté à Miguel de Cervantès une expérience que les autres auteurs espagnols de l’époque n’avait pas. Et c’est cette aventure et ces contacts hors du pays qui ont fait la différence dans la littérature".

C’est un jour du mois septembre 1575 que Miguel de Cervantès, âgé de 28 ans, débarqua à Alger, alors sous domination de l’empire ottoman, avec son frère cadet Rodrigo âgé de 25 ans, raconte Adriana Lassel, écrivaine chilienne mariée à un Algérien, dans son livre Cinq années avec Cervantès paru en 2012 aux éditions Dalimen, et qui constitue un des rares écrits sur cette tranche de vie de l’écrivain espagnol.

Les deux frères, soldats de profession, venaient de tomber entre les mains d’ Arnaute Mami, un corsaire d’origine albanaise, tandis qu’ils voyageaient à bord de la galère Sol, un des quatre navires faisant partie d’une flottille en majorité composées d’Espagnols et qui allait de Naples à Barcelone.

"C’est ainsi que Miguel de Cervantès entra dans sa vie de captif", écrit Adriana Lassel. Il fut vendu à Dali Mami, riche corsaire d’origine grecque, qui l’enferma dans une prison ouverte. "Et même si la prison où était Cervantès était un bagne privé, on n’en fermait jamais les portes que pour la nuit et le gardien, qui connaissait tout le monde, d’un simple geste d’approbation en autorisait l’entrée", relate l’écrivaine.

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La mémoire pour plume

Miguel de Cervantès put donc arpenter de fond en comble la capitale. A défaut de plume, c’est sa mémoire qui a agit comme réceptacle. "Il savait qu’un jour, la liberté recouvrée, il pourrait écrire sur tout ce qu’il était en train de vivre", souligne Adriana Lassel.

Après plusieurs tentatives de fuite dont celle de l’année 1577 au cours de laquelle il se cacha dans la grotte qui porte désormais son nom située sur les hauteurs du quartier Belouizdad (ex-Belcourt), Cervantès fut libéré le 24 octobre 1580 et n’oubliera pas Alger, présente dans son œuvre littéraire.

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