ALGÉRIE
30/06/2014 12h:15 CET | Actualisé 07/07/2014 23h:31 CET

Algérie-Allemagne: 25.000 policiers déployés en France sur fond de stigmatisation des Algériens

Manifestation joyeuse après la qualification de l'équipe algérienne à Paris
Facebook Y.Boussoumah
Manifestation joyeuse après la qualification de l'équipe algérienne à Paris

25.000 policiers seront déployés en France en prévision du match entre l’Algérie et l’Allemagne qui suivra la rencontre entre la France et le Nigéria, rapporte Le Figaro.

Des moyens lourds seront mis à disposition dont des "canons à eau et des hélicoptères pour l'identification de nuit des éventuels fauteurs de troubles ".

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a donné des consignes de grande fermeté, pour faire procéder au maximum d'interpellations, en cas de troubles à l'ordre public, en tous points du territoire.

À Paris, l’écran géant installé sur le parvis de l’hôtel de l’Hôtel de ville diffusera le match France-Nigéria à 18 heures. Il ne diffusera pas le match Algérie-Allemagne à 22 heures.

La qualification des Verts au détriment de la Russie a donné lieu à des manifestations de joie entachée par quelques des incidents qui ont entrainé l’interpellation de plus de 70 personnes. Le Premier Ministre français Manuel Valls a qualifié ces incidents "d’insupportables ".

L’extrême-droite française et des idéologues de droite ont lourdement instrumentalisés ces incidents dans une campagne allant jusqu’à appeler à déchoir les franco-algériens de leur nationalité française. Certains responsables français, à l’image de Martine Aubry, tentent cependant d’aller à l’encontre du jeu de l’extrême-droite.

La maire socialiste de Lille a appelé, dans un communiqué conjoint avec M. Boudjemaa Rouibah, consul d'Algérie à Lille, les supporteurs de la France et de l’Algérie à un "comportement citoyen et sportif pour cette belle soirée qui s'annonce ".

"Les Français d’origine algérienne et les Algériens de France auront les yeux et le cœur " tournés vers France-Nigéria et Algérie-Allemagne. Ils soulignent que " football, comme tous les sports, doit rester un événement qui nous rassemble " indique le communiqué qui souligne que les violences "commises par quelques individus, sont inacceptables et doivent être sanctionnées".

Ce sont des comportements qui "ternissent la grande fête que doit être le Mondial et donnent une image négative de nos villes".

Des casseurs qui tombent à pic pour l'extrême-droite

Mais à droite, ce ne sont pas seulement les casseurs, largement dénoncés par les algériens et les franco-algériens qui suscitent l’ire de certains représentants de la droite française. Ce sont tous ceux qui, algériens ou franco-algériens, ont exprimé pacifiquement leur joie après la qualification de l’Algérie.

"Les casseurs, que nous dénonçons et qui nous gâchent notre fête, servent de prétexte et d'argument pour casser de l’Algérien de manière générale " s’indigne un franco-algérien dans un message au Huffington Post Maghreb.

Le maire (UMP) de Nice, Christan Estrosi, a pris un arrêté "interdisant l'utilisation ostentatoire de tous les drapeaux étrangers sur l'hypercentre". Ce sont très clairement les supporteurs algériens qui sont ciblés par l’arrêté même s’ils ne sont pas cités de manière précise.

La mise à l’index des Algériens est une tendance et c’est Marine Le Pen qui fixe le tempo et reprend les vieilles haines de son père. "Ce qui est malheureux avec les matchs de l’Algérie, c’est que qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, de toute façon, on a des violences, des dégradations et des agressions".

L’Algérie, c’est le "seul pays avec lequel il y a ce genre de problèmes" en appelant à mettre "fin à la double nationalité. Il faut choisir, on est algérien ou on est français".

Tout ceci est une caricature, un amalgame, avec un fond de haine, de racisme qui est coutumier chez la famille Le Pen " a réagit le député (UDI), Yves Jego.

Mais le thème de Marine Le Pen a trouvé de l’écho, y compris sur le site du Point qui a lancé un "sondage" sur la question : faut-il retirer aux Français d'origine algérienne leur double nationalité".

Devant les réactions indignées, le Point a retiré le sondage, son directeur admettant, lundi, qu’il était " lamentable et consternant".