ALGÉRIE
28/06/2014 13h:58 CET | Actualisé 28/06/2014 14h:53 CET

Entretien - Wassim Benslimane, star du freestyle football, de la rue aux Fennecs (Vidéos)

Wassim

De la rue au show à travers le monde, la vie de Wassim Benslimane est presque un roman. Le freestyle football, c'est sa passion, ce roman qu'il a rédigé, lui-même. Avec une force de caractère qui lui a permis de traverser les moments douloureux de sa vie privée. Il reste porteur d'un rêve que jamais il abandonnera tant que "Dieu me donnera la force". Entrée dans l'intimité d'un homme qui "n'a pas l'habitude de s'ouvrir".

Huffington Post Algérie: Bonjour Wassim, pourriez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas?

Wassim Benslimane: Bonjour, je suis Wassim Benslimane alias Wass, 27 ans, je suis freestyler football professionnel. Je suis Français et Algérien. J'ai grandi dans une petite ville du centre de la France, Clermont Ferrand que j'ai quitté pour aller à Paris à mes 20 ans. J'ai laissé derrière moi deux frères et une sœur ainsi que mes parents.

Cela a été dur, la séparation avec la famille?

Le plus dur, je vais vous le dire, cela a été le divorce de mes parents en 2006. J'avais alors 19 ans. Je suis resté avec ma mère pour l'aider. La vie était très difficile car elle ne travaillait pas. Dans le même temps ,je faisais des études de littérature. Mais je ne me voyais pas continuer à être assis sur un banc d'école alors que le frigo était vide et que ma mère était très mal.

C'est de cette manière que vous avez découvert le football freestyle?

Je me suis réfugié dans ce coup de foudre. J'ai passé des journées entières à m’entraîner, chaque figure apprise était une sensation de bonheur assez spéciale.

Je cherchais des vidéos, des adeptes pour en apprendre plus. Là j'ai découvert deux personnes importantes dans mon évolution, ils ont changé ma vie. Séan et Andreas de l'équipe Freestyle S3.

J'étais un fan! Je leur parlais constamment pour avoir de leurs conseils. Pour moi qui leur vouait une vraie admiration, c'était une fierté de pouvoir échanger avec eux

Ils étaient donc professionnels?

Oui et je ne savais pas que l'on pouvait vivre de cette discipline. Mais grâce aux vidéos que je mettais sur mon blog, certaines personnes m'ont contacté pour faire des prestations. Cela étant ce n'était pas suffisant pour aider ma mère. Alors j'ai débuté un job de boulanger/pâtissier... Mais comment vous dire, j'étais tellement la tête dans les nuages, je pensais qu'à des figures que je pouvais faire et du coup je faisais n'importe quoi au travail. J'ai logiquement été licencié car même si j'avais besoin d'argent je lui en faisais perdre beaucoup au patron. (Rires).

Donc Paris...

(Wass intervient avant que la question ne soit formulée)

Si vous saviez. Mon objectif était de faire partie de l'élite et d'aller le plus loin possible tout en fuyant les soucis de famille. J'ai alors vécu six mois dans un squat du 93 à Aubervilliers avec quatre "sans papiers". C'était en 2007 je me souviens bien. J'avais rien, pas d'argent. Le propriétaire qui était en prison exigeait 100 euros de loyer pour pouvoir occuper son local.

Son ami qui venait récupérer l'argent ne m'a rien demandé voyant que je ne possédais rien. Je vivais des shows de rue qui m'aidaient à manger simplement. Je suis allé à la rencontre de Séan et Andreas qui m'on beaucoup aidé, il m'ont passé leur anciens vêtements. Ils m'ont dépanné quelquefois en me passant de l'argent ou en m'emmenant à leur show. Jamais j'oublierai cette solidarité.

Puis ça s'est enchaîné assez rapidement. En 2008, toujours sous leurs conseil (Andreas et Séan) je suis dans un DVD produit par Luc Besson. J'ai commencé à faire des shows à l'international, à battre le record du monde de Guiness du "globe trick" dans l'émission des records...Là ma vie d'artiste a réellement commencé. Vous pouvez d'ailleurs la suivre sur ma page Facebook. Mais le plus gros buzz, je dois l'avouer, c'est ma rencontre avec Maradona. Je le défies amicalement et ça s'est propagé sur les réseaux sociaux.

Vous êtes donc vous aussi un freestyler professionnel comme vos deux modèles?

Je fais partie de l'équipe S3 avec Séan et Andreas. L'équipe s'est agrandie, nous sommes maintenant une douzaine. Je voyage dans le monde entier, j'ai plusieurs centaine de milliers de "fans", j'ai mon petit appartement sur Paris! Donc oui grâce à Dieu, je pense pouvoir dire que je suis pro de cette discipline.

Avant, c'était le foot?

J'ai fait 8 ans de football, j'ai essayé tous les postes sauf celui de gardien! Bon c'est un grand mot, j'aimais la technique mais j'avais un problème de placement (rire), j'ai joué dans le club de mon quartier puis dans un autre club un peu plus réputé mais toujours à un niveau assez bas en amateur.

Et l'Algérie dans tout ça?

C'est un choix du cœur! C’était même un combat car il n'y a pas de qualifications au bled pour pouvoir représenter le pays, j'ai donc du renoncer aux qualifs Françaises et faire toute une démarche pour représenter l' Algérie!

Et vous avez été plus loin en développant la discipline avec l'aide du capitaine des Fennecs Madjid Bougherra!

Faire un championnat local, oui. C’était une simple idée à la base et ensuite un projet auquel peu de personnes croyaient. Je me suis battu pour pouvoir le faire et démarcher les sponsors. Grâce à Dieu, je l'ai organisé d'abord en 2012 puis en 2013 avec une version internationale cette fois-ci , j'ai également invité Madjid Bougherra qui est un ami, il a fait partie des jurés. Il a donné beaucoup de ballons et d'autres choses à mon événement .

Vous avez posté une vidéo pour défendre les Fennecs face aux premières critiques de Mourinho, comment voyez-vous l'EN?

Ils font un magnifique parcours, ils font notre fierté, j'ai pas mal de potes dans cette équipe. Magic Madjid le capitaine est fantastique même quand il ne joue pas comme face à la Russie où il a encouragé constamment ses coéquipiers. Et cette qualification c'est un beau pied de nez aux détracteurs qui n'ont cessé de les critiquer abusivement à chaque résultat moins positif.

Un joueur préféré et des rêves

Son joueur préféré, c’est Thierry Henry "pour ce qu'il dégage, sa façon d'être et ses frappes enroulées". Son rêve, c’est être "un exemple pour les gens qui me suivent, laisser un message positif derrière moi et une voie à suivre Incha Allah". Et aussi, développer le championnat algérien, fonder une école de freestyle et une famille...Rien que ça!

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