ALGÉRIE
21/06/2014 04h:17 CET | Actualisé 21/06/2014 06h:20 CET

Les "ralentisseurs anarchiques" continuent de susciter l'exaspération des automobilistes algériens

En Algérie, les ralentisseurs font râler les automobolistes
Facebook - dos d'âne
En Algérie, les ralentisseurs font râler les automobolistes

Un projet d’association contre les "dos d’âne anarchiques" en Algérie a été lancé sur Facebook. Les impératifs de la prévention des accidents, souvent invoqués, n’expliquent pas une prolifération de ces ralentisseurs souvent "hors normes"

En Algérie, c’est connu, les automobilistes, qu’ils soient prudents ou imprudents, détestent les dos d’ânes, mots largement utilisé de préférence à celui de "ralentisseurs". C’est qu’on en fait beaucoup et n’importe comment. Parfois, ce sont des citoyens qui prennent l’initiative de les faire pour pousser les automobilistes à modérer leur course.

Mais les ralentisseurs sont si nombreux, tellement partout et si "hors normes" qu’ils deviennent un sujet récurrent dans la presse. Comme le soulignait avec humeur le journal Liberté, l’Algérie "obtenu deux titres mondiaux, celui de l’innovation et celui du nombre des dos d’âne, qui devraient, en principe, figurer le sur le Guinness des records".

Personne n’est vraiment surpris d’apprendre, à travers le compte Facebook du chanteur chaabi Réda Doumaz de la naissance d’un projet d’association à caractère national A.N.A.D.A, "soit l’Association Nationale Anti Dos d'Ane (illégaux) ". C’est sérieux, affirme le chanteur, qui invite les plaisantins et les "indifférents" à la chose publique à aller voir ailleurs.

Le cadre réglementaire peu respecté

Une page Facebook dite de "divertissement" de s’intitule "juste en Algérie, Dos d'âne li koul mouwaten". Exagération, bien sir, mais personne n’est en mesure de fournir une statistique sur le nombre de dos d’âne en Algérie mais les automobilistes ont l’impression d’en rencontrer partout, "même sur les autoroutes".

Un arrêté interministériel daté du 10 juin 2007 a tenté de cadrer la construction des ralentisseurs. Il réserve la décision d’implanter un ralentisseur au "Wali territorialement compétent" et sa réalisation aux services de la commune concernée " sous la supervision des services de la subdivision des travaux publics".

Un autre arrêté daté du 9 avril 2006 définit la "nature, la forme, les dimensions et les prescriptions techniques des ralentisseurs". L’arrêté évoque le ralentisseur du "type dos d’âne" ou de "type trapézoïdal". Des dessins à l’appui sont annexés à l’arrêté pour éviter que les ralentisseurs ne se transforment en montagne qui piège les véhicules.

Non seulement les paramètres techniques ne sont pas respectées mais leur installation se fait hors du cadre fixé par la règlementation. En octobre dernier, à Oran, une commission conjointe entre la police et la direction des transports, a entrepris de recenser les dos d’âne dont la "prolifération" est devenue une source de nuisance. " Tout dos-d’âne non figurant sur le listing des autorisations de la commission habilitée sera éradiqué" avait promis un responsable de la sûreté.

Un "dos d’âne pour chaque citoyen"

Sur Facebook, la question : "Combien y-a-t-il des Dos d'âne (Ralentisseurs routiers) sur nos routes et autoroutes ? " suscite des réponses diverses allant de 100.000 à "un dos d’âne pour chaque citoyen". Un autre estime qu’il est plus simple de "calculer le nombre de routes sans ralentisseurs".

Très souvent, ce sont les habitants qui réclament la mise en place de ralentisseurs par crainte des accidents. Mais la crainte des accidents, bien réels en raison de la tendance des automobilistes à appuyer sur le champignon n’explique pas tout. Il y a un étrange effet de mode, comme le note le correspondant du Quotidien d’Oran dans la Wilaya de Boumerdès.

"Cette mode prend de l'ampleur et aux quatre coins de la wilaya de Boumerdès, aucune commune n'en est épargnée. Parfois on est surpris, même dans les douars, les plus reculés, où un habitant, par un manque de civisme et de non-respect des autres, se permet d'ériger une mini-dune, devant chez lui, pour se protéger (?)… On dénombre plus d'un millier de ralentisseurs à travers la wilaya et rares sont ceux qui répondent aux normes".

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