ALGÉRIE
18/06/2014 14h:13 CET | Actualisé 18/06/2014 14h:15 CET

Les autorités entament samedi une délicate opération de distribution de 25 000 logements à Alger

HuffPost Magherb

L’opération de relogement débutera samedi 21 juin à Alger. Un premier quota de 25 000 logements sociaux locatifs sera distribué en priorité aux familles des bidonvilles et des immeubles menaçant ruine (IMR), en plusieurs phases, a déclaré aujourd’hui 18 juin, le wali Abdelkader Zoukh, précisant que la wilaya a recensé 72.000 habitations précaires.

La wilaya d’Alger réceptionnera un quota supplémentaire de 11.000 logements sociaux locatifs avant la fin de l’année en cours, sur un programme total de 84.000 unités destinées à la résorption de l’habitat précaire dans la capitale, a précisé M. Zoukh à l’ouverture des travaux d’une session de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) consacrée au vote du budget supplémentaire 2014.

Ces opérations de recasement seront inaugurées samedi à Birtouta. Et pour éviter les émeutes et les mouvements de protestation, le wali a demandé aux élus locaux d’approcher dès ce soir la population et de l’assurer que tout le monde aura au fur et à mesure son logement. Même les affaires religieuses sont appelées à la rescousse pour que le relogement se déroule dans le calme.

Les imams sollicités pour calmer les esprits

"Nous avons demandé au ministère des Affaires religieuses que les prêches du vendredi soient consacrés à cette question en disant aux citoyens qu’ils seront tous relogés mais pas le même jour", a encore révélé le wali.

La priorité donnée au recasement des familles vivant dans des bidonvilles et des IMR s’explique, selon lui, par le souci de la wilaya de récupérer des assiettes pour la finalisation de certains projets notamment le lycée d’El Hamiz, le stade de Birkhadem…

Par ailleurs, les services de la wilaya ont recensé, d'après le wali, 72.000 habitations précaires à Alger (baraques, IMR, caves, terrasses, chalets), dont 16.000 se trouvent dans les Houach (ancienne fermes) appelées à être remplacées par des constructions en dur, en application d’un accord conclu en janvier entre la wilaya et le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la ville.

S’agissant des familles souffrant de la promiscuité dans les cités populeuses notamment dans les communes du centre-ville de la capitale, M. Zoukh a assuré qu’un quota "spécial" leur a été réservé parmi les 25.000 unités à distribuer dans les prochains jours suivant le résultats des rapports des commissions locales des dossiers des ces familles.

Alger dispose d’un programme global de 236.000 logements : 84.000 logements

sociaux-locatifs (25.000 unités en cours de livraison et 58.000 en cours de construction), 29.000 logements participatifs, 64.000 logements de vente par location, 45.000 promotionnels et 16.000 unités destinées aux houach, selon le directeur de wilaya du logement, Smail Loumi.

Malgré les démolitions, les bidonvilles s’agrandissent

Malgré la démolition de 400 baraques, nouvellement construites, durant les six derniers mois, le wali a exprimé sa colère devant l’impuissance des élus locaux à stopper l’agrandissement des bidonvilles.

"Nous avons laissé les constructions illicites proliférer. La lutte contre la construction des baraques et des bidonvilles relève des prérogatives du président de l’APC. La wilaya n’est là que pour l’assister", a-t-il rappelé, excédé.

La lutte contre la construction de nouvelles baraques est difficile à mener du fait de la multiplication des bidonvilles, de la rareté des opérations de relogement, des complicités et des modes opératoires de leurs auteurs qui agissent de nuit, entre 1h et 4h du matin, ont reconnu à l’APS plusieurs présidents d’APC des communes du centre-ville.

Le ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la ville Abdelmadjid Tebboune a récemment annoncé à Constantine le durcissement prochain des dispositions législatives contre les constructions illicites, sans plus de détails.

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