ALGÉRIE
14/06/2014 14h:45 CET

L'enlèvement en Irak de 80 Turcs a réveillé la polémique sur les liens de la Turquie avec des factions jihadistes

Des combattants de l'EIIL à la frontière Syrie-Irak
AFP
Des combattants de l'EIIL à la frontière Syrie-Irak

L'enlèvement en Irak, de 80 Turcs par les combattants du groupe radical sunnite de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), a réveillé la polémique sur les liens présumés de la Turquie avec certains groupes rebelles jihadistes.

La prise d'otages des chauffeurs turcs et du personnel du consulat de Turquie, à Mossoul, mercredi 11 juin, a suscité un malaise à Ankara, aussi bien au sein du gouvernement que de l'opposition, qui dénonce les liens entretenus par l'Etat turc avec les factions jihadistes et islamistes en Syrie et en Irak.

Le régime du Premier ministre islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a toujours nié avoir mis en place par le biais de ses services de renseignements (MIT) une alliance tacite avec ces extrémistes à l'ennemi commun: Le régime du président syrien Bechar al-Assad.

Lacunes

Aujourd'hui cette alliance sunnite s'est retournée contre la Turquie, membre de l'Otan, menaçant sa sécurité.

"Nous avons tous vu les photos dans la presse d'hommes barbus portant des armes, traités dans des hôpitaux du sud de la Turquie depuis le début du conflit en Syrie. Mais le gouvernement est toujours resté muet sur ses relations avec les groupes islamistes", souligne Serkan Demirtas, chef de bureau du journal Hürriyet Daily News.

"La Turquie paye le prix de sa collaboration avec des terroristes et sans doute d'une erreur d'appréciation de la situation", estime l'éditorialiste. Un confrère du quotidien libéral Radikal, est du même avis, à savoir qu'il s'agit d'une "grosse erreur de jugement politique". "Après le retour du personnel diplomatique il faudrait évidemment analyser les lacunes en matière de renseignement et du politique" suivi par Ankara en Irak et Syrie, estime Özgür Mumcu.

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EIIL dorénavant sur la liste des organisations terroristes

L'armée a pour sa part démenti samedi 14 juin une information parue dans la presse d'opposition affirmant que des officiers turcs avaient entraîné les rebelles ce l'EIIL en Irak. "Cette information est dénuée de tout fondement", souligne un communiqué de l'état-major.

La presse turque a dans la foulée fait état d'une circulaire diffusée l'an dernier dans laquelle le ministre de l'Intérieur de l'époque, Muammer Güler, recommanderait d'offrir hébergement et assistance aux jihadistes du Front al Nousra en Turquie.

Sous la pression internationale, et probablement conscient de la menace que ces organisations représentaient pour sa propre sécurité, Ankara a finalement inscrit début juin l'EIIL et le Front al Nousra sur la liste des organisations terroristes.

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Critiques

Le vice-ministre des Affaires étrangères Naci Koru a de son côté déclaré à la presse samedi que les 80 otages turcs n'étaient pas maltraités et étaient en bonne santé. Le responsable a aussi expliqué que la prise mercredi de la représentation diplomatique turque à Mossoul, la seule dans cette ville, avait été "très spontanée".

"Sans nous prévenir les autorités irakienne ont retiré leurs agents de sécurité déployés autour du bâtiment et les 30 gardes turcs ont été largement surpassés en nombre" par les rebelles de l'EIIL, a-t-il dit.

Le gouvernement turc a été critiqué sur sa lenteur d'évacuer son consulat de Mossoul avant l'arrivée des djihadistes et sur sa reddition sans résistance.

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