ALGÉRIE
12/06/2014 10h:52 CET

2e semaine du procès Khalifa en France: Avions, voitures de luxe et appartements parisiens au programme

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Après une interruption due au week-end prolongé de la Pentecôte, le procès Khalifa a repris mardi au tribunal de Nanterre, dans la région parisienne, avec la poursuite des audiences des neuf accusés sur les 12 convoqués.

Cette seconde semaine de plaidoiries devrait aborder les dossiers de la gestion des comptes de la société KRG Pharma, le détournement de trois avions, le recel d’une douzaine de voitures de luxe et l’acquisition d’appartements à Paris au profit de quelques employés du groupe Khalifa, indique le correspondant d'El Watan à Paris.

Le procès a repris, mardi, par l'audience de l’ancien directeur commercial de Khalifa Airways, et son représentant légal en France, Noël Brandela. La juge Siredey-Garnier Fabienne l'a interrogé sur les achats des appartements luxueux par l’entreprise Khalifa Airways dans plusieurs quartiers huppés de la capitale française, rapporte l'Agence presse algérienne APS.

La juge a exigé des détails sur le paiement de ces appartements et a demandé au prévenu si des sorties d’argent aussi importantes de la comptabilité, ne l’avait pas intrigué, lui qui prétend, ignorer tout des transactions avec les bailleurs.

Ce à quoi Noël Brandela a répondu que c’est Khalifa lui-même qui retirait l’argent des caisses du groupe et qui traitait directement avec les bailleurs pour choisir les appartements mis à la disposition de quelques membres de son personnel "pour leurs bons et loyaux services".

Un appartement d'1,3 millions d'euros

La Directrice générale de la maintenance dans l’entreprise Khalifa Airways Hadrog, Sakina Taous, épouse Taïbi, a eu, quant à elle, à s’expliquer sur les multiples virements dont elle a bénéficié de la part de Rafik Khalifa ainsi que sur l’acquisition d’un appartement de 240 m² dans le XVI arrondissement de Paris, d’une valeur de 1,351 millions d’euros, alors que selon ses dires, son salaire ne dépassait pas 2000 euros.

Autre prévenu, appelé à la barre, ce jour-là : Mohamed Chachoua, ancien homme de confiance d’Abdelmouméne Rafik Khalifa et son représentant en France, soupçonné d'avoir fait disparaître une partie du parc Khalifa rent car (KRC) en envoyant cinq Mercedes à Londres à l'attention de son patron. Il a déclaré avoir vendu certains modèles pour 50.000 euros pour "payer les salariés" ou pour "indemniser" d'anciens collaborateurs.

Fin du procès prévu le 21 juin

La troisième et dernière semaine du procès qui débutera à partir du lundi 16 juin sera exclusivement réservée à la plaidoirie de la partie civile.

Le procès en public, du fondateur du groupe Khalifa, Abdelmouène Rafik Khalifa, pour "abus de confiance, détournement de fonds et banqueroute" s'est ouvert le 2 juin. Il est poursuivi en France en raison du fait que Khalifa Airways et Khalifa Rent a Car (deux des entreprises de son holding) étaient implantées à Puteaux (Hauts-de-Seine).

LIRE AUSSI: Le procès Khalifa s'ouvre lundi en France, en l'absence de l'accusé

Le volet français de l'affaire a commencé en juillet 2003, lorsque tous les ordinateurs de Khalifa Airways ont disparu des locaux de Puteaux (Hauts-de-Seine), alors que la société venait d'être placée en liquidation judiciaire.

Abdelmoumène Rafik Khalifa est détenu depuis cinq mois en Algérie après que Londres, où il s’était réfugié a permis son extradition. Il avait été condamné en 2007 par contumace à la prison à vie pour "association de malfaiteurs, escroquerie, faux", après faillite de son groupe.

Concernant la possibilité d’extradition d’Abdelmoumène Rafik Khalifa pour être jugé en France, le ministre de la Justice, Tayeb Louh, a récemment déclaré que "l’Algérie n’extrade pas les citoyens algériens pour qu’ils soient jugés à l’étranger, conformément à la loi, notamment l’article 698 du Code de procédure pénale".

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