ALGÉRIE
04/06/2014 10h:49 CET | Actualisé 04/06/2014 13h:26 CET

Coronavirus: 282 morts en Arabie Saoudite, forte inquiétude pour le Hadj et l'Omra du Ramadan

Inquiétudes pour les grands rush du ramadhan et du hajj
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Inquiétudes pour les grands rush du ramadhan et du hajj

Le nombre de décès liés au coronavirus augmente en Arabie Saoudite et les inquiétudes grandissent sur l’évolution de la situation durant le traditionnel rush vers la Mecque pendant le mois de ramadan et pour le Hadj.

Les autorités algériennes, contrairement aux tunisiennes, ne préconisent pas une abstention d’aller à la Mecque. La situation semble pourtant se dégrader en Arabie Saoudite où les autorités saoudiennes ont révisé à la hausse, le 3 juin, le nombre de personnes décédées à la suite d’une infection par le virus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Il y a désormais 282 morts contre 190 selon le précédent bilan sanitaire.

Le nombre de cas répertoriés augmente de 113 cas. Le total des personnes infectées est aujourd’hui de 688. L’Algérie a enregistré récemment deux coronavirus suivis dans les structures hospitalières à Koléa (Wilaya de Tipaza) et à Tlemcen. Les deux algériens, âgés de 66 et 59 ans ont été probablement infectés en Arabie Saoudite où ils avaient accomplis récemment le "petit pèlerinage" de l’Omra.

Le Pr Smail Mesbah, directeur de la Prévention et de la Promotion de la santé, au ministère de la santé a indiqué qu’un dispositif "d’alerte et de surveillance " a été mis en place. "Nous avons les capacités de diagnostiquer cette affection " a-t-il affirmé en soulignant qu’il existe dans toutes les structures de santé "un stock de sécurité et de prévention ".

L’état des deux personnes atteintes s’est amélioré a indiqué le ministre de la santé et de la population Abdelmalek Boudiaf. Les autorités algériennes n’envisagent pas d’annuler le pèlerinage ou d’inciter les candidats au pèlerinage à s’abstenir. Le ministre a écarté l’idée d’une réduction du nombre de personnes se rendant à la Mecque pour accomplir la Omra.

La Tunisie plus "incitatrice" à ne pas aller à la Mecque

La meilleure manière de prémunir de la maladie est la prévention. Si pour la Omra, aucune mesure n’est envisagée, il est exclu d’en attendre pour le Hadj, qui est une "obligation " pour ceux qui en ont les moyens.

Les Tunisiens paraissent plus "offensifs" que les Algériens sur cet aspect. L’observatoire national tunisien des maladies nouvelles et émergentes, a publié le 21 mai dernier un rapport sur la "Stratégie nationale de Riposte " contre le coronavirus déconseillant aux personnes âgées et atteintes de maladies chroniques d’effectuer les rites de la Omra et du Hadj.

Le ministère de la Santé tunisien a conseillé "aux personnes âgées et à celles atteintes de maladies chroniques ainsi qu'aux femmes enceintes et aux enfants âgés de moins de 12 ans de reporter l'Omra et le Hadj à une date ultérieure, et ceci pour préserver leur santé". Les autorités tunisiennes font état de trois cas d'infection, en mai 2013.

Un appel qui s’impose aussi en Algérie, estime un médecin, mais observe-t-il, "les Algériens ont tendance à reporter à un âge avancé le moment d’aller à la Mecque. Certes, de plus en plus de jeunes vont à la Mecque, mais il y a beaucoup de personnes âgées qui sont de la partie alors que leur santé est fragilisée ".

Le Pr Mesbah : la contagion d’humain à humain reste "minime"

Le directeur de la prévention au ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, le Pr Smail Mesbah, a affirmé mercredi à Alger que les mesures de prévention contre le Coronavirus prises par l'Algérie sont conformes aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le Pr Mesbah a précisé que l'Algérie avait pris des mesures préventives au niveau de ses frontières et aménagé des centres d'accueil des malades, conformément aux recommandations de l'OMS, ajoutant que l'organisation onusienne avait salué les mesures adoptées. L'Algérie a mis en œuvre les mesures préventives recommandées par l'OMS à la demande de celle-ci, comme ce fut le cas les années écoulées avec les différents virus (H1N1, Sras, etc.).

Il a indiqué que la contagion d'humain à humain était jusque-là minime", insistant sur la prévention par le lavage des mains et en mettant la main sur la bouche en cas de toux. Il est important de sensibiliser ceux qui se rendent au Proche-Orient notamment les futurs hadjis, a-t-il ajouté.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit avec inquiétude l’évolution de la situation mais n’a pas appelé à des mesures drastiques pouvant aller jusqu’à la remise en cause du pèlerinage ou une réduction du nombre des pèlerins.

Des experts réunis à Genève, il y a une quinzaine de jours ont constaté une aggravation de l’épidémie mais que les conditions n’étaient pas réunies pour déclarer une urgence de santé publique de portée globale.

En 2013, les autorités saoudiennes, invoquant les travaux d’agrandissement dans la grande mosquée de la Mecque, avait établi des limitations sur le nombre des pèlerins pour la Omra.

Les risques d’infections sont amplifiés par la concentration humaine et la promiscuité qui prévaut durant le pèlerinage et la Omra durant le mois de Ramadan où le rush est aussi important que pour le Hadj. La Omra du ramadan et le pèlerinage seront pleins de dangers.

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