ALGÉRIE
02/06/2014 15h:10 CET | Actualisé 03/06/2014 10h:35 CET

Non impression du journal El Fadjr: Affaire "politique", selon sa directrice, "commerciale", selon le ministre

Hamada Walid pour le HuffPo Maghreb

Vers un bras de fer gouvernement-journaux privés ? La décision de l’imprimerie du centre de ne plus imprimer certains journaux et dont a été touché hier exclusivement le journal arabophone El Fadjr laisse perplexe.

La non impression de ce journal est une affaire "purement commerciale" due à un litige entre ce quotidien et la Société d'impression d'Alger (SIA), a déclaré à la presse, le ministre de la Communication, Hamid Grine à l’Assemblée populaire nationale (APN).

M Grine expliquera que la dette d’El Fadjr avec la SIA s'élève à 55 millions DA, relevant que d'autres journaux n'ont pas eu de problèmes avec l'imprimerie, car "ils honorent leurs dettes" grâce certainement à une "bonne gestion" et une "meilleure tenue" de leur comptabilité.

M. Grine a affirmé que cette décision était une "affaire purement commerciale qui concerne l'imprimerie d'Alger et les journaux" et n'est en "aucun cas" une affaire "politique".

Faux, déclare au HuffPost Algérie la directrice de publication d’El Fadjr Mme Hadda Hazem. Politique elle, l’est cette décision d’interdiction de parution. «Plus que jamais je suis convaincue que c’est une punition politique», dit-elle. Elle expliquera que son journal a établi un échéancier avec le service commercial de l’imprimerie en octobre dernier.

Un échéancier qui a été scrupuleusement respecté. Ce matin, elle a été surprise par la décision qui l’a frappée exclusivement alors que d’autres journaux aussi endettés que le sien sinon plus n’ont pas été inquiétés.

"Ils se sont attaqués à moi car je n’ai pas ‘’d’épaules larges’’. Ils n’ont pas osé s’attaquer aux hommes, ils n’ont trouvé qu’une femme pour lui faire subir leur injustice", dit-elle encore. Hadda Hazem affirme, cependant, que «si la dette d’El Fadjr tourne autour de 5o millions de dinars au lieu des 55 déclarés par le ministre, celle des autres flirtent avec la barre des 100 millions de dinars sinon plus. Et personne ne leur a demandé un centime".

La directrice de Publication d’El Fadjr, expliquera que "depuis ce matin elle a appelé, tour à tour, le directeur de l’Imprimerie, le ministre et le service commercial de l’imprimerie sans parvenir à régler son problème. Le directeur de l’imprimerie l’a invité à se rapprocher du service commercial de la SIA avant d’être aux abonnés absents".

"Le directeur commercial a refusé toute négociation. Il a exigé le paiement de la totalité de la dette avant toute reprise de l’impression du journal. Son contact avec le nouveau ministre de la Communication n’a pas été plus fructueux", raconte-t-elle encore. Ce qui a renforcé sa conviction que la décision était politique et non commerciale. «J’assume toutes mes positions politiques qu’ils assument les leurs et qu’ils ne se cachent pas derrière des prétextes commerciaux qui sont du reste fallacieux», affirme-t-elle encore.

Le journal arabophone El Fadjr est absent des étals depuis ce matin. sa directrice, faut-il le rappeler avait manifesté avec le mouvement Barakt contre le quatrième mandat. Autre patron de presse qui avait adhéré à cette revendication et qui a aujourd'hui des ennuis d'un autre genre.

Les journaux Algérie news (francophone) et Al Jazair news (arabophone) sont privés de publicité étatique depuis le 14 avril dernier.

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