ALGÉRIE
31/05/2014 14h:44 CET

Le procès Khalifa s'ouvre lundi en France, en l'absence de l'accusé

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Le procès de l'ancien homme d'affaires algérien Rafik Khalifa, poursuivi pour banqueroute et détournements de fonds, s'ouvre lundi à Nanterre, en banlieue de Paris, en l'absence du principal intéressé emprisonné en Algérie. Le fondateur du groupe Khalifa, écroué à Londres depuis 2007, a été extradé à Alger le 24 décembre.

Paris a demandé à l'"emprunter" le temps du procès, mais le gouvernement algérien n'a pas donné suite à cette demande. Il sera donc jugé en son absence devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Dix autres personnes sont poursuivies, dont son ex-femme Nadia Amirouchen, un notaire, des anciens représentants de l'entreprise en France ainsi qu'un constructeur et équipementier aéronautique.

Ils sont accusés d'avoir, au moment de la déconfiture du groupe en 2003, dissimulé un certain nombre d'actifs, notamment trois avions d'une valeur de 5,5 millions d'euros, une douzaine de voitures de luxe, une villa à Cannes de 35 millions d'euros où l'ancien golden boy organisait de somptueuses réceptions avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Sting et Bono. "On aimerait que ce procès donne les clés pour comprendre l'ascension fulgurante de M. Khalifa" qui a bâti en très peu de temps, à la fin des années 90, un empire présent dans les secteurs aérien, bancaire et pharmaceutique, mais aussi les médias et les transports, relève une source judiciaire. "Mais les débats risquent d'être décevants en l'absence du principal prévenu. Lui seul a les réponses ", ajoute-t-elle.

Abdelmoumene Rafik Khalifa, le golden boy comme on le surnommait à l’époque, était à la tête d’un groupe qui employait 20.000 salariés en Algérie et en Europe. Considéré à l’époque comme la face reluisante du régime algérien, il proposait aux épargnants algériens de placer leur argent à des taux d'intérêt très attractifs chez Khalifa Bank qui alimentait ensuite le reste du groupe. En novembre 2002, les opérations de la banque sont gelées à la suite d’opérations suspectes décelées par la Banque d’Algérie.

Début 2003, Rafik Khalifa se réfugie à Londres, trois de ses proches collaborateurs sont arrêtés à l'aéroport d'Alger alors qu'ils tentent de fuir avec deux millions d'euros dans une valise et le groupe est placé en liquidation. L'effondrement de cet empire a causé un préjudice estimé entre 1,5 et 5 milliards de dollars à l'État algérien et aux épargnants.

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