ALGÉRIE
31/05/2014 09h:32 CET | Actualisé 31/05/2014 14h:33 CET

Entretien - Réda Doumaz :"Hiziya est l'expression romantique d'un amour impossible"

Réda Doumaz: "Hiziya, une facette emblématique du patrimoine immatériel"
Huffington Post Maghreb
Réda Doumaz: "Hiziya, une facette emblématique du patrimoine immatériel"

Premier artiste à avoir chanté Hiziya dans un accent autre que sahraoui, le chanteur chaabiRéda Doumaz persiste et signe. Il pleure Hiziya et lui manifeste son amour dans une version réactualisée. Il s’en explique dans cet entretien.

Huffington Post Algérie : Un siècle et une trentaine d’années après les faits, Hiziya n’en finit pas de faire vibrer les mélomanes. Pour preuve, la sortie, de fraîche date, de votre dernier album. Vous êtes le quatrième artiste après Abdelhamid Ababsa, Khelifi Ahmed et Rabah Driassa à chanter le texte de Mohamed Ben Guitoun.

Réda Doumaz: El Bar Amar, mélomane au répertoire bédouin fécond, n’a pas été en reste. Lui aussi a, dit-on, pleuré Hiziya. Ma nouvelle version est complètement différente de celle de 1990 : le texte a été relu et ajusté et de nouveaux arrangements ont été introduits. Le ministère de la Culture m’a sollicité pour enregistrer un coffret dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine immatériel. Hiziya en est une facette emblématique. Immortalisée par la tradition orale, la fille d’Ahmed bel el Bey est éternelle et n’en finit pas de se rappeler à notre souvenir.

Ecouter la version chaabi 2013 de Réda Doumaz

Quel est le secret d’une telle longévité?

Dans le paysage maghrébin, l’histoire de Hiziya est une histoire qui se rejoue en tout temps et en toutes circonstances. C’est une histoire plus que jamais d’actualité, d’où son intérêt toujours si vif. Remise en perspective, elle renvoie à la condition de la femme, et singulièrement à une décision aussi intime que celle du mariage. Expression romantique d’un amour impossible, l’histoire renvoie à l’impossibilité, pour une femme, de s’unir comme elle l’entend. Elle n’a pas le droit de choisir librement le compagnon de sa vie. Elle est tributaire des choix et des traditions de la famille et des hommes.

Que sait-on au juste de cette histoire?

On en sait ce que nous lègue la tradition orale, le texte de Ben Guitoun et la tombe de Hiziya à Sidi Khaled. On n’en sait rien de Sa'ŷd. Il n’a pas de sépulture et on n’en sait quasiment rien sur la fin de sa vie. Cette histoire d’amour gagnerait à être restaurée. Elle est en passe d’être classée au patrimoine national immatériel.

Lire aussi: Réda Doumaz revisite en chaabi le poème-chanson d'une vieille passion algérienne

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.