ALGÉRIE
30/05/2014 08h:44 CET | Actualisé 30/05/2014 11h:16 CET

Gaz: l'Algérie réticente à chevaucher la crise russo-ukrainienne

Alger ne veut pas se mettre en froid avec Moscou
Voice of Russia
Alger ne veut pas se mettre en froid avec Moscou

Depuis la crise politique et sociale ouverte en Ukraine et la détérioration des relations entre la Russie et l’Union européenne, le gaz algérien semble intéresser fortement intéresser les pays d’Europe.

L’Algérie apparaît comme une alternative sérieuse au risque de rupture de l’approvisionnement de l’Europe en gaz russe à partir de la Russie. Selon des sources sures, des échanges se sont tenus entre une délégation de l’union européenne et des officiels algériens sur des possibilités d’étudier la "préparation " de l’Algérie à compenser l’absence ou la réduction de l’approvisionnement en gaz russe.

Les algériens auraient manifesté peu d’enthousiasme à l’offre d’une ouverture plus grande de l’Europe au gaz algérien. Les raisons sont d’abord liées à la relative faiblesse de la production de gaz destinée à l’exportation. Au-delà de la baisse enregistrée des gisements, le marché domestique de plus en plus étendu absorbe une partie non négligeable – près de la moitié – de la production.

Les sources interrogées ont déclaré que l’Algérie a remis sur la table une proposition plus durable à travers gazoduc Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP) devant relier sur plus de 4.000 kilomètres l’Afrique à l’Europe. Pour les algériens, ce projet ambitieux permettra également d’approvisionner le Niger et le Mali et contribuera à lutter contre la déforestation en fournissant une alternative énergétique aux populations sahéliennes qui en général ont recours au bois et au charbon. Le gazoduc permettra également l’alimentation en gaz des régions du Sahara algérien.

Ne pas se mettre à dos la Russie

De même, l’Algérie a souligné ses fortes potentialités en gaz de schiste récupérable, qui avoisinent, selon Sonatrach et Alnaft, les 120 000 milliards de mètres cubes et sollicité pour leur exploitation les investissements européens.

Moins généreuse peut-être, mais autrement plus pragmatique, est l’attitude prudente des algériens qui dissimulent à peine leur volonté de ne pas se mettre à dos la Russie qui est un partenaire plus que précieux dans la volonté de regrouper les producteurs dans une Opep gaz tout comme il est un allié important dans les questions géopolitiques régionales. La Russie est également le principal fournisseur de l’Algérie en armement.

La crise à venir peut toutefois être exploitée comme un argument de taille dans les négociations avec les espagnols qui appellent à une réduction de 15% du prix du gaz algérien et menacent de recourir au marché spot et ce du fait de la réduction de près de 2% de la consommation sur les marchés européens.

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