MAGHREB
30/05/2014 10h:44 CET

Reporters sans frontières appelle à lutter contre "l'impunité" face aux violences policières envers les journalistes

Reporters sans frontières appelle à lutter contre "l'impunité" face aux violences policières envers les journalistes
AFP/Fethi Belaïd
Reporters sans frontières appelle à lutter contre "l'impunité" face aux violences policières envers les journalistes

L’ONG Reporters sans Frontières a adressé un communiqué dans lequel elle se déclare "vivement préoccupée par l’agression de plusieurs journalistes par les forces de police" mardi 27 mai à Kasserine. Le procès d’Issam Amri, accusé d’avoir incendié un poste de police en 2011 pendant la révolution, se tenait mardi au tribunal de première instance de la ville de l’ouest.

Selon Reporters sans frontières, le chef de police de la circonscription de Kasserine, Hamza Dardouri, s’est montré extrêmement agressif et a même menacé de mort l’un des avocats dans la salle d’audience. Des policiers auraient alors agressé plusieurs activistes et journalistes venus couvrir le procès.

Le Centre de Tunis pour la liberté de la presse (CTLP) s'inquiète de la recrudescence des agressions contre les journalistes.

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Des agressions qui se multiplient

Ce ne sont pas les premiers "dérapages" que pointent du doigt les associations. Reporters sans frontières rappelle notamment l’agression par un policier du photojournaliste Jalel Ferjani lors d’une manifestation en soutien à Azyz Amami le 17 mai dernier.

Le Syndicat national des Journalistes Tunisiens (SNJT), avait dénoncé les "agressions" subies par 20 journalistes lors des festivités organisées à l’occasion de la Fête du Travail le 1er mai dernier sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis. L'Union générale tunisienne du travail avait démenti toute responsabilité, évoquant une "simple bousculade consécutive à l'insistance des journalistes à vouloir arracher des déclarations".

Le président du SNJT, Neji Bghouri, avait signalé au ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou son inquiétude concernant la "poursuite des agressions des journalistes par les agents de la sûreté " en dépit de la promesse faite aux reporters d’assurer leur protection.

Lutter contre "l’impunité"

Reporters sans frontières déclare que "le sentiment d’impunité qui règne dans les rangs des forces de l’ordre ne disparaîtra que si la justice condamne ces débordements". L’ONG note toutefois positivement l’identification par la police judiciaire de deux policiers soupçonnés d’être impliqués dans l’agression de Jalel Ferjani. Ils ont été entendus par le procureur de la République le 20 mai.

Le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou avait présenté ses excuses aux journalistes après cette affaire. Selon le SNJT, il a également demandé l’ouverture d’une enquête concernant les violences ayant eu lieu devant le tribunal de première instance de Kasserine.

RSF rappelle que l’article 14 du décret-loi 115-2011 réprime le fait "d’humilier un journaliste ou de lui porter atteinte verbalement, par des gestes, par des agissements ou par des menaces".

Les ministres de l’Intérieur et de la Justice Lotfi Ben Jeddou et Hafedh Ben Salah seront auditionnés le 3 juin prochain par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) pour aborder la question des violences policières.

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