ALGÉRIE
29/05/2014 16h:52 CET | Actualisé 29/05/2014 17h:04 CET

Nouria Benghebrit, ministre de l'éducation répond à ses détracteurs: "nul ne me donnera des complexes!"

Benghebrit: le scénario de la fraude de 2013 ne sera pas de mise!
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Benghebrit: le scénario de la fraude de 2013 ne sera pas de mise!

Nouria Benghebrit, en charge du très lourd ministère de l’éducation national, répond dans un entretien au journal Echourouk sur la campagne qui a suivi sa nomination au sujet du ses origines et de sa présumée hostilité à la langue arabe.

Sur les écrits dans les réseaux et certains journaux qui ont suivi sa désignation à la tête du ministère, au sujet de ses "origines juives", elle dit refuser de s’abaisser à leur niveau. Elle précise néanmoins qu’elle est une descendante de Benghebrit, le fondateur de la mosquée de Paris en 1920, "un grand homme, de dimension maghrébine. Il est né en Algérie, a étudié à Tunis et a travaillé au Maroc".

Elle affirme que la campagne qui l’a ciblée ne l’a pas atteinte. "Je le dis et je le répète, nul ne me donnera des complexes. J’ai une formation, une connaissance, un savoir et une personnalité qui me préserve". Mais, dit-il, elle n’aime pas "la langue des coups bas".

Elle refuse d’être classée parmi les adversaires de la langue arabe. « Je fais partie de ceux qui défendent la langue arabe… mais certaines observations et critiques que j’ai émises sur certains aspects, la manière de l’apprendre et de la faire aimer par l’élève ainsi que son ouverture sur les autres langues ont provoqué une tempête contre moi".

Pas de réforme sans résistance

Mme Benghebrit qui a fait partie de la Commission de réformes du système éducatif, dit Benzaghou, en assume le travail qui, regrette-t-elle, n’a pas été appliqué. "On s’est contenté seulement d’appliquer des aspects marginaux de la réforme sans aller au fond pour préserver certains équilibres. La peur des réaction et des résultats fait bloquer la réforme".

Pourtant, affirme la ministre, il "n’y a pas de réforme sans résistance. Il n’y a pas de réforme qui ne suscite la colère de certaines parties ». Un groupe de travail a été mis en place, a-t-elle indiqué, en prévision d’une conférence nationale en juillet. "Le travail du groupe de travail mène une consultation de la société et non pas seulement du secteur.

Au sujet de la pratique qui s’est répandue ces dernières années et qui consiste à fixer un "seuil" dans le programme d’où seront choisis les examens du baccalauréat, Benghebrit est tranchée : cette politique est un échec et ne sera pas de mise l’année prochaine.

"Les négociations avec les syndicats sont pratiquement réglées, les demandes des enseignants sont en cours de concrétisation. Il n’y aura aucun problème avec nos partenaires syndicaux à la prochaine rentrée car je pense que tous les problèmes auront été résolus".

Evoquant l’affaire de la fraude qui a marqué les épreuves de philo en 2013 qui a entrainé des sanctions contre près de 3200 candidats, "fraude collective" avaient vu les sanctions allégées avec une année d’exclusion d’examen au lieu de cinq ans comme le prévoit la règlementation, la ministre affirme que cela ne se renouvèlera pas.

Les candidats au bac recevront cette année avec la convocation à l’examen un "dépliant dans lequel figure une liste de ce qui est permis et de ce qui est interdit". Le dépliant rappelle que toute tentative de fraude est sanctionnée d’une privation d’examen pendant cinq ans. Elle invite les élèves à ne pas "hypothéquer leur chances dans des tentatives qui seront vaines". Elle promet d’appliquer la loi dans toute sa rigueur