ALGÉRIE
27/05/2014 18h:07 CET | Actualisé 30/05/2014 10h:51 CET

Sur le tramway d'Alger, la tendance est de voyager à l'œil!

Le tramway d'Alger rencontre un grand succès
HuffPost Maghreb
Le tramway d'Alger rencontre un grand succès

La Setram, société d’exploitations des tramways d’Algérie, a décidé de baisser les prix en proposant un abonnement junior pour les moins 25 ans de 990 dinars mois et un autre Senior (60 ans et plus) de 830 dinars mois. Le grand changement est cependant la suppression du "système zonal" en faveur d’un ticket unique sur l’ensemble du trajet de la Station des Fusillés à celle du Café Chergui qui passe de 50 à 40 dinars.

Pas de machine à composter, on paye pas!

Une baisse qui cache une hausse puisque ceux qui avaient l’habitude de faire un trajet sur une seule zone pour le prix de 20 dinars devront payer 40 dinars. Pour les habitués du tramway, cette suppression du "système zonal" a du sens. "Dans la majorité des cas, les gens achètent un ticket de 20 dinars et font le trajet complet qu’ils étaient censés payer à 50 dinars" raconte un étudiant qui ne cache pas faire partie de ceux qui "trichent"

La suppression du système zonal et l’instauration d’un tarif unique sur l’ensemble du trajet devrait encourager les utilisateurs – qui ne sont ni "juniors", ni "seniors" à se rabattre sur l’achat d’un carnet de 10 voyages qui passe de 400 dinars à 320 dinars. Ce qui permet de réduire le coût du voyage à 32 dinars au lieu de 40. Le métro d’Alger fait des offres à peu près similaires et elles sont scrutées avec plus de sérieux que l’offre du tramway.

"C’est que dans le tramway d’Alger, un simple ticket peut te transporter, avec un peu de chance seulement et un peu de vigilance, plus longuement qu’un abonnement", explique en souriant l’étudiant. Il sort son ticket à 20 dinars qu’il a en poche depuis des semaines et qu’il continue d’utiliser car "il n’a pas encore rencontré de contrôleur qui le déchire ou gribouille dessus".

Le propos fait sourire d’autres usagers. "Mon ticket date de 5 mois" affirme l’un d’eux. Un autre persifle: "c’est par pitié seulement pour la société qu’il a fini par composter le ticket après deux mois de voyages à l’œil".

Le tramway d’Alger comporte, en effet, la particularité, fâcheuse pour les finances de l’entreprise, de ne pas disposer de machines à composter les tickets à l’intérieur des trains. Il y a quatre machines à composter dans chaque station mais il leur arrive assez fréquemment d’être hors-service.

Une aubaine pour de nombreux usagers qui gardent leurs tickets intact et le réutilisent jusqu’à ce qu’un contrôleur finisse par l’estampiller. Combien sont-ils à snober les machines à composter dans les stations et à garder leur ticket utilisable pendant des semaines? La Setram ne donne pas de chiffres, mais ils sont très nombreux. A telle enseigne que les gens ont la conviction que l’entreprise a une directive implicite des autorités de laissez-faire une gratuité implicite du tramway.

Tout le contraire du métro d'Alger où les barrières à composter fonctionnent rigoureusement et où les contrôles finissent par assurer une situation de zéro "resquille". Les changements de tarifs, avec suppression du système de zone, annoncent peut-être un changement de politique sur le tramway ? L’étudiant est dubitatif. "Tant qu’il n’y aura pas de machine à composter à l’intérieur des trains les gens continueront à voyager à l’œil".

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