ALGÉRIE
27/05/2014 18h:05 CET

Algérie: Les petits producteurs de boissons ont des soucis à se faire

Entre Hamoud Boualem et les Algériens une vieille histoire
Facebook/ Hamoud Boualem
Entre Hamoud Boualem et les Algériens une vieille histoire

Les grandes marques de boissons comme Hamoud Boualem, Coca-Cola, Rouiba et Pepsi cohabitent en Algérie avec des marques locales qui ont fait, jusqu’à présent, de la résistance. Cela risque de changer.

Le secteur qui a connu ces dernières années une croissance annuelle de 14%, soit le double de celle du secteur de l’agro-alimentaire (7%) s’est caractérisé jusqu’à présent par une forte résilience des petites marques locales. Une étude de l'Association algérienne des producteurs de boissons (APAB) fait état de 300 marques commerciales essentiellement au niveau des marchés locaux.

L’étude souligne que les grandes marques sont distribuées sur tout le territoire mais n’ont pas "réussi à faire disparaître les marques locales". En 2012, le nombre d’entreprises enregistrées au CNRC est de 748 dont 685 dans la filière des boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA).

Une tendance "à la restructuration par des fermetures d’entreprises et un mouvement de concentration" est notée par l’étude. Cette restructuration ne se fait pas par le biais des fusions-absorption mais par la fermeture pure et simple des petites entreprises. La tendance notée dans l’étude datée de 2012 pourrait s’accentuer avec les projets d’investissements dans les cartons des grandes marques.

Hamoud Boualem annonce la couleur

Le mouvement de concentration observé dans les autres pays s’amorce dans un marché des boissons qui a atteint la maturité. Hamoud Boualem, la marque fétiche des algériens, est engagé dans de nouveaux investissements de 3 milliards de dinars.

Une nouvelle usine est prévue à Boufarik (Blida) pour une production de 1,8 millions de litres de boissons par jour, de quoi doubler la capacité de production de l’entreprise. L’usine qui permettra la création de 200 emplois sera opérationnelle au premier trimestre 2015. Pepsi Cola devrait également annoncer un important plan d’investissement.

Les petites marques qui survivaient tant bien que mal du fait de l’incapacité des grandes marques à assurer une offre sur l’ensemble du territoire pourraient en subir l’effet. La consommation par habitant en Algérie des boissons et jus est l’une des plus élevées au monde, estiment les spécialistes, et elle n’est pas extensible.

Les grandes marques, note Maghreb Emergent, "investissent pour élargir leur gamme, accroitre les volumes de production et densifier leur réseau de distribution" et surtout "combler les angles morts sur le territoire, pour être plus près des dernières poches de consommation". En clair, si la demande n’est plus extensible, les parts de marché des petits producteurs deviennent la cible. L’Algérie est le pays ayant le plus fort ratio producteur de boissons/habitant. Mais avec les "grandes manœuvres de Pepsi et de HamoudBoualem, c'est parti pour ne pas dure" avertit Maghreb Emergent.

Hamoud Boualem non-grata aux Etats-Unis

Les boissons de Hamoud Boualem ont été interdites d’accès au marché américain en raison de l’utilisation d’un additif prohibé par le Codex américain des produits chimiques alimentaires. Il s’agit d’un colorant que "les codex européen et algérien n’interdisent pas" a indiqué un responsable de l’entreprise. La FDA (Food & Drug Administration), organisme américain du contrôle sanitaire des produits alimentaires, les a interdits en 2011. Le porte-parole de Hamoud Boualem, M. Lyamine Lourari, estime que l’entreprise était une victime "collatérale" de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Union Européenne. "Nous achetons cet additif à une firme américaine et s’il était nocif pour la santé, sa fabrication aurait été plutôt interdite aux Etats-Unis. Nous l’avons en tout cas éliminé de nos produits. C’est bel et bien une guéguerre euro-américaine dont nous en sommes une victime collatérale".

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