ALGÉRIE
27/05/2014 17h:50 CET | Actualisé 30/05/2014 13h:16 CET

Mohcine Belabbas, le chef du RCD qui discute aussi avec les islamistes

HuffPost Algérie

Un dirigeant du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui s’associe aux islamistes pour faire avancer la démocratie en Algérie ? Impensable il y a encore une année! Mohcine Belabbas, président du RCD l’a fait en suscitant parfois des incompréhensions dans son camp traditionnel.

Un cursus atypique

Pour lui, le dialogue avec l’autre est primordial. Né le 15 septembre 1970 à Ahrik, Bouzeguene dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Mohcine Belabbas, mathématicien de formation, fils d’un enseignant de langue arabe, est une synthèse des différents affluents de la culture algérienne. Ses premiers pas en politique, il les fait à 19 ans, à l’université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene, où il rejoint le RCD. En janvier 1996, il lance le Syndicat algérien des étudiants démocrates (SAED) dont l’agrément administratif est refusé par les autorités. Il est journaliste pendant une brève période avant de prendre la direction du Bureau régional du RCD à Alger de mars 2000 à 2004. Secrétaire national à la jeunesse, puis secrétaire national à la communication de son parti, il sera élu député en 2007.Porte-parole de sa formation politique, il est élu président du RCD lors du quatrième congrès, après le départ de Said Saadi.

A l’opposé de l’idée répandue qu’il ne serait que le paravent de ce dernier, Belabbas apporte sa propre touche politique en plaçant résolument le RCD sur une option de dialogue avec les autres sensibilités politiques y compris islamistes. Pour lui, les conditions d’une réelle compétition politique n’existent pas alors que le pouvoir exploite les dissensions idéologiques ou doctrinaires au sein de la classe politique.

mohcine belabbas

Des convictions et des choix

Au terme d’un débat interne, le choix est fait d’aller vers l’action commune avec d’autres forces politiques, y compris islamistes, pour amener le pouvoir à ouvrir les voies réelles du dialogue pour aller à une transition vers un autre régime. Le boycott de l’élection présidentielle a permis de créer un front de refus avec d’autres forces politiques. Qu’il ne considère pas comme une jonction conjoncturelle. Pour lui, la conjonction des efforts pour sortir de l’autocratie est nécessaire. Elle se traduit déjà dans la Coordination Nationale pour les Libertés et la transition démocratique (CNLTD) qui a décidé de refuser le dialogue sur la Constitution mené sous l’égide d’Ahmed Ouyahia, Directeur de cabinet du président. La CNLTD organisera le 10 juin une Conférence nationale de transition démocratique.

Refusant de discuter une constitution consensuelle "décrétée", Mohcine Belabass, en accord avec les partenaires de la CNLTD, estime que l’urgence est de construire une transition pour aller vers un système qui permet aux algériens de choisir librement ses représentants.

Belabass est marié à Amina Azzoune, journaliste au Jeune Indépendant. Elle s’est retrouvée, au moment de l’élection de son mari à l’Assemblée Populaire Nationale (APN), devant un questionnement éthique. Qu’elle a résolu en se spécialisant dans les questions de santé. Mohcine Belabass est père de deux enfants, Axyl et Syfax.

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