ALGÉRIE
27/05/2014 18h:08 CET | Actualisé 28/05/2014 10h:17 CET

Allocation touristique: Les Algériens restent les mal dotés du Maghreb

Wikimedia Commons

Une allocation touristique en devises de 1000 dollars, (740 euros), par an. La proposition d’Abderrahmane Benkhalfa, expert financier et ancien délégué général de l’Association des Banques et Établissements financiers,faite en avril dernier sur Radio M,ne peut qu’être appréciée par de nombreux algériens. Pas par le gouvernement qui avait envisagé, un court moment au cours de l’année… d’augmenter l’allocation touristique avant de la passer à la trappe. Les Algériens continuent d’être les moins bien lotis en terme d’allocation devises avec 15.000 dinars (140 euros). Et même si la proposition de Benkhalfa était acceptée – ce qui ne parait pas à l’ordre du jour -, les Algériens resteront encore loin de leurs voisins.

Loin des tunisiens et des marocains

Les Tunisiens, eux, ont droit à une allocation de 6000 dinars tunisiens par an (soit près de 3000 euros au cours actuel). Au Maroc, depuis 2013, la dotation touristique annuelle est fixée à 40.000 dirhams (plus de 3500 euros) par voyage, le montant pouvant être utilisé en un seul voyage alors qu’auparavant il était limité à 20.000 dirhams par voyage. Ce qui expliquerait pourquoi le marché parallèle de la devise soit insignifiant dans ces deux pays comparativement à l’Algérie où il est le passage obligé pour ceux qui voyagent à l’étranger. L’ancien président de l’ABEF a pris soin cependant de souligner que ce "minimum" de 1000 dollars/an en termes d’allocation devise devrait être assorti d’une "clause de sauvegarde" qui permettrait au gouvernement ou à la Banque d’Algérie de le réviser en fonction de la situation financière du pays. Pour Benkhalfa, une telle mesure permettra de tarir le marché parallèle de la devise et de se sortir d’une situation où il y a de fait "deux économies, deux dinars, deux pratiques". L’écart entre le court officiel (actuellement de 106 dinars pour un euro) et le marché parallèle (plus de 156 euros) est de 50%.

Un projet de hausse vite avorté

Dans un pays où, selon des estimations d’experts, 40% de la masse monétaire en circulation est dans le circuit informel, la mesure aurait pour effet, selon lui, de sortir les petits demandeurs du marché parallèle. Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie pensait la même chose en mars 2013. Il avait même annoncé que "l’allocation de change sera revue à la hausse par la Banque d’Algérie dans le but de freiner l’élargissement du marché parallèle des devises". Il était question d’une augmentation assez significative pour une la contrevaleur de 60 000 dinars soit près de 550 euros. Un mois à peine après l’annonce du gouverneur de la Banque d’Algérie, le ministre de finances annonçait que la révision de l’allocation touristique n’était pas à l’ordre du jour. Port Said, restera un passage obligé pour les algériens qui voyagent et qui ne se contentent pas de 140 euros…

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