MAGHREB
13/05/2014 07h:04 CET | Actualisé 13/05/2014 09h:42 CET

Tunisie: Azyz Amami et Sabri Ben Mlouka risquent 1 à 5 ans de prison pour consommation de cannabis

Le blogueur et activiste Azyz Amami et le photographe Sabri Ben Mlouka ont été arrêtés par la police dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 mai pour consommation de cannabis et transférés à la prison de Bouchoucha, a indiqué au Huffpost Maghreb un responsable de la police judiciaire de Sidi Bou Saïd.

L'information a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, où les internautes ont commencé à se mobiliser pour sa libération et contre la "loi 52" relative aux stupéfiants.

"Il a été arrêté vers 23H30 (lundi) à la Goulette (banlieue de Tunis) par une patrouille de police et apparemment ça serait mal passé avec eux", a expliqué Me Mrabet à l'AFP, soulignant que ces faits "étaient au conditionnel", l'avocat n'ayant pas accès au dossier ni à Azyz Amami "à ce stade de la procédure".

"D'après son père, il a été agressé (par les policiers), mais cela reste à confirmer", a ajouté cet avocat.

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La loi tunisienne n'autorise pas le prévenu à voir ses avocats pendant sa garde à vue, laquelle peut durer 6 jours.

Contacté par le HuffPost Maghreb, l'avocat Ramzi Jebabli a indiqué que Azyz Amami et Sabri Ben Mlouka devront subir des analyses à l'hôpital Charles Nicolle, avant d'être de nouveau auditionnés par la police judiciaire. Ils devraient comparaître devant le juge vendredi.

La loi 52/1992 relative à la consommation de stupéfiants prévoit une peine d'emprisonnement d'1 à 5 ans et une amende de 1000 à 3000 dinars pour "tout consommateur ou détenteur à usage de consommation personnelle de plantes ou de matières stupéfiantes".

Cette loi, connue pour être particulièrement répressive à l'égard des consommateurs, énonce également l'impossibilité pour le juge de statuer sur des circonstances atténuantes pour abaisser la peine en-dessous du minimum légal.

Article 12: Les dispositions de l’article 53 du code pénal ne s’appliquent pas aux infractions prévues par la présente loi.

Une campagne a été menée récemment pour demander la modification de la loi.

“Nous ne demandons pas la légalisation du cannabis mais la modification de cette loi répressive, comme une condamnation à du sursis pour les non-récidivistes ou des travaux d’intérêt général, plus de surveillance des dealers, etc.”, avait alors déclaré l'avocat Ghazi Mrabet au HuffPost Maghreb.

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Connu pour son activisme, notamment lors de la révolution de 2011, Azyz Amami avait souvent mis en garde contre les arrestations arbitraires d'artistes et d'autres activistes. Il plaidait également pour la dépénalisation du cannabis.

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