MAGHREB
07/05/2014 12h:46 CET

Campagne contre l'homophobie au Maroc: "Je dis que les homosexuels ont les mêmes droits que moi"

Facebook/Aswat

Des membres de la société civile marocaine, journalistes, universitaires et militants, se sont réunis pour dénoncer l'homophobie au Maroc dans une vidéo mise en ligne sur Youtube le 4 mai dernier.

À l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie le 17 mai prochain, l'association marocaine Aswat, qui lutte pour les libertés sexuelles, a diffusé la vidéo dans le cadre d'une campagne intitulée "l'amour n'est pas un crime".

Parmi les intervenants, le journaliste marocain Salaheddine Al Mizi est contre l'homophobie et toute autre discrimination.

Il précise dans la vidéo, "le Maroc a ratifié des traités et des conventions internationales qui protègent les droits des minorités sexuelles (...) le Maroc devrait donc les appliquer".

Abdellah Baida dénonce lui aussi l'homophobie ambiante qui sévit dans le royaume, "En tant que citoyen, je dis que les homosexuels ont les mêmes droits que moi (...) chacun doit pouvoir disposer de son corps du moment qu’il ne nuit pas à son voisin".

A quelques jours de la célébration de la journée internationale contre l'homophobie, la société civile marocaine tente ainsi de relancer le débat sur la dépénalisation de l'homosexualité.

En effet, l'article 489 du code pénal marocain punit tout acte sexuel entre deux personnes de même sexe d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

En Tunisie, l'homosexualité est proscrite

La Tunisie continue à emprisonner des personnes pour leurs orientations sexuelles. L’article 230 du code pénal dispose que la sodomie est passible de trois ans d’emprisonnement. Mounir Baâtour, président du Parti libéral tunisien, avait été condamné à trois mois de prison ferme sur la base de cet article.

Lors d'une conférence organisée en septembre dernier à Tunis, Samir Dilou, ex-ministre des Droits de l'Homme et de la Justice transitionnelle, avait alors indiqué que deux recommandations avaient été adressées à la Tunisie par le Conseil des droits de l'Homme de Genève.

La première, relative à la dépénalisation de l'homosexualité par la suppression de l'article 230, "a été refusée".

La deuxième, concernant la non-discrimination sur la base des orientations sexuelles, a été rejetée sur la forme, car considérée non-pertinente et sans fondement.

"Nous vivons dans un pays avec des lois, une Histoire, des traditions et une religion. La loi tunisienne criminalise les relations homosexuelles, avec l'article 230 du Code pénal. Pour autant, il n'y a aucune discrimination entre les citoyens sur la base de leurs pratiques personnelles", avait-il alors indiqué.

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