MAGHREB
29/04/2014 15h:34 CET | Actualisé 29/04/2014 15h:39 CET

Prison dans une autre affaire pour Jabeur Mejri, gracié après l'affaire des caricatures

Prison dans une autre affaire pour Jabeur Mejri, gracié après l'affaire des caricatures
Amnesty International
Prison dans une autre affaire pour Jabeur Mejri, gracié après l'affaire des caricatures

Le Tunisien Jabeur Mejri, libéré en mars après deux ans de prison pour la diffusion de dessins jugés blasphématoires, a été condamné mardi à huit mois de prison ferme pour avoir insulté un greffier, a indiqué son avocat à l'AFP.

"La peine est injuste, elle est trop lourde. La peine ne coïncide pas avec les faits", a dit Me Ahmed Mselmi après l'audience.

Le jeune homme avait été placé en détention le 17 avril pour avoir insulté le greffier d'un tribunal après un imbroglio autour de la date d'une convocation de M. Mejri devant le juge d'instruction.

"Jabeur était anxieux, il y a eu des propos diffamatoires envers un fonctionnaire, mais huit mois ferme c'est trop", a estimé Me Mselmi. "On va faire appel", a-t-il ajouté.

Jeune chômeur de Mahdia, Jabeur Mejri avait été condamné en 2012 à sept ans et demi de prison pour avoir diffusé sur internet des textes et dessins considérés comme insultants pour l'islam et le prophète Mohamed.

Le code pénal ne réprimant pas le blasphème, il avait été condamné pour des chefs de trouble à l'ordre public.

Après deux ans de prison, il a été libéré en mars 2014 à la suite d'une grâce présidentielle.

Mais alors que la présidence annonçait cette mesure, M. Mejri a été informé qu'il était poursuivi dans une autre affaire, pour le détournement supposé de 1663 dinars à la SNCFT, une affaire qui remonte à plusieurs années lorsqu'il travaillait à temps partiel au guichet d'une gare.

"La plainte fait état d'un manque de 5 dinars dans la caisse lors d'une inspection. Il est aussi accusé d'avoir subtilisé des abonnements de train d'une valeur de 1.663 dinars lors d'un remplacement dans une autre gare", avait expliqué Me Msalmi le 21 février à l'AFP.

Ce dossier, toujours en instruction, est considéré par ses défenseurs comme du harcèlement judiciaire, alors que nombre d'ONG de défense des droits de l'Homme le considéraient comme le premier prisonnier politique tunisien de l'après-révolution.

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