MAGHREB
30/03/2014 11h:37 CET

Tunisie: Le ministre de l'Industrie Kamel Ben Naceur défend la suppression progressive des subventions énergétiques

Kamel Ben Naceur, ministre tunisien de l'Industrie, de l'énergie et des Mines
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Kamel Ben Naceur, ministre tunisien de l'Industrie, de l'énergie et des Mines

Le gouvernement a entamé une suppression progressive de la subvention énergétique (pour le gaz et l'électricité) destinée aux secteurs des industries agroalimentaires, du textile, de la briqueterie et de la céramique, a annoncé Kamel Ben Naceur, ministre de l'industrie, de l'énergie et des mines.

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Dans une interview accordée à l'agence TAP, Kamel Ben Naceur a ajouté que la suppression lancée à partir de janvier 2014, à hauteur de 10% pour les briqueteries et les usines de céramique, s'étalera sur une période allant de 3 à 6 ans.

Le processus se poursuivra en 2015, notamment dans le secteur de la transformation des tomates.

Pour le ministre, ces "secteurs sont énergivores", ce qui nécessite de revoir la subvention, notamment pour les hydrocarbures, l'électricité et le gaz dans le cadre de la réforme du système de subvention dont la valeur a atteint en 2013 environs 3,6 milliards de dinars. Ce montant sera ramené à 2,5 milliards de dinars en 2014, a-t-il affirmé.

Par ailleurs, une annulation de la subvention au niveau de l'énergie à usage domestique (basse tension pour l'électricité et basse pression pour le gaz), permettrait si elle est adoptée, d'économiser 550 millions de dinars par an.

Le ministre a souligné que la suppression progressive de la subvention de l'électricité et du gaz accordée aux secteurs des industries agroalimentaires et du textile ainsi qu'aux usines de céramique et briques a eu lieu en concertation avec la profession qui se serait "montrée compréhensive", quant à la situation économique que connait le pays.

Dès janvier 2014, le gouvernement avait supprimé 50% de la subvention destinée aux cimenteries. L'autre moitié le sera au cours du mois de juin prochain.

Cette suppression devrait générer des ressources financières estimées à 220 millions de dinars.

Le ministre a également indiqué que les tarifs du gaz et de l'électricité ont été augmentés en moyenne de 10%, selon la consommation, au début de 2014.

"Cependant, les intérêts des catégories sociales à faible revenu sont préservés, sachant que leur facturation ne commence qu'à partir de 100 kilowatts par mois", a-t-il précisé.

Kamel Ben Naceur a rappelé que la production nationale d'énergie a régressé de 15 à 20%. Il en est de même de la production nationale de pétrole brut qui est passée de 77 mille barils à 66 mille barils par jour actuellement.

"Les subventions sont une part non négligeable du budget. A la base, elles devaient servir les tranches de la population les plus défavorisées et c'est en ce sens que nous devrons les réévaluer", avait récemment déclaré le Premier ministre Mehdi Jomâa.

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