MAGHREB
30/03/2014 07h:27 CET

Tunisie - Hamma Hammami: La clôture de l'enquête sur l'assassinat de Chokri Belaid est prématurée

Facebook/Front populaire

C'est un samedi soir que l'information de la clôture de l'enquête sur l'assassinat de Chokri Belaïd a été révélée dans plusieurs médias.

Un timing tout aussi surprenant que le contenu de l'enquête qu'ont présenté ces mêmes médias, révélant avec force détails le noms des protagonistes, des commanditaires et la manière dont aurait été prémédité le meurtre de Chokri Belaid.

Ces évolutions n'ont pas encore été commentées par des sources officielles de la Justice ou de l'Intérieur.

Une décision prématurée

"Nous avons effectivement été informés de la clôture de l'enquête portant sur l'assassinat de Chokri Belaid", a déclaré Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire (dont Chokri Belaid était l'un des principaux leaders), sur les ondes Mosaïque FM.

"Pour le Front populaire, la décision est prématurée, considérant le fait que certaines données doivent encore faire l'objet d'une enquête", a déploré Hammami.

"Dans tous les cas, nous allons demander au comité de défense de faire appel de cette décision", a-t-il indiqué.

"Notre problème n'est pas de savoir qui a appuyé sur la gâchette, qui a exécuté, mais de connaitre les parties qui sont derrière cet assassinat, ceux qui en ont eu l'idée, l'ont commandité et qui ont donné l'ordre", a ajouté le porte-parole du Front populaire.

"Si nous ne connaissons pas toute la vérité sur les assassinats politiques, la tension politique ne pourra pas redescendre", a-t-il conclu.

A la veille de la commémoration de l'assassinat de Chokri Belaid, le 6 février dernier, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que Kamel Gadhgadhi, accusé d'avoir tiré à bout portant sur Chokri Belaïd le 6 février 2013, avait été tué pendant un assaut de 20 heures des forces de l'ordre contre une maison de la banlieue de Tunis. Six autres présumés terroristes ainsi qu'un agent de la Garde nationale avaient également été tués.

"C'est le plus beau cadeau qu'on puisse faire aux Tunisiens", s'était félicité Lotfi Ben Jeddou, ministre de l'Intérieur. Un "cadeau" que la famille de Chokri Belaid avait rejeté, appelant à découvrir les commanditaires de l'assassinat.

Chokri Belaid, opposant de gauche, a été tué par balles devant son domicile le 6 février 2013. Près de six mois plus tard, un député de l'opposition a été assassiné dans les mêmes circonstances. A la suite de ce second assassinat politique, le ministère de l'Intérieur tunisien a pointé du doigt les salafistes du groupe "Ansar Al-Charia" qui a été classé organisation terroriste.

Plusieurs personnes présentées par le ministère de l'Intérieur comme les principaux suspects de ces assassinats ont été abattues.

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