MAGHREB
12/03/2014 05h:46 CET | Actualisé 12/03/2014 05h:46 CET

Tunisie: Risque d'embrasement à cause de la fermeture du poste frontalier de Ras Jedir

Risque d'embrasement à cause de la fermeture du poste frontalier de Ras Jedir
afp/mahmu turkia
Risque d'embrasement à cause de la fermeture du poste frontalier de Ras Jedir

Des mouvements de protestation ont éclaté, mardi, à Ben Guerdane sur fond de la poursuite de la fermeture, depuis le 2 février, du poste frontalier avec la Libye de Ras Jedir.

Les manifestants ont incendié des pneus et lancé des pierres en direction des forces de sécurité qui ont utilisé du gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Les protestataires ont également exprimé leur mécontentement contre la récente visite, dans la région, du chef du gouvernement Mehdi Jomâa qui, ont-ils dit, n'a pas exprimé l'intention de réouvrir ce poste frontalier, estimant que sa visite visait à imposer des restrictions au commerce parallèle.

En décembre 2013, l'ancien ministre du Commerce Abdelwaheb Maâtar avait articulé des stratégies pour réprimer et remplacer le commerce parallèle, lequel ne ferait "qu'accroître le taux de pauvreté, réduire les ressources de l'Etat et la justice sociale".

A l'instar de Michael Ayari du International Crisis Group (ICG) et de Moncef Kartas de Small Arms Survey, plusieurs spécialistes avaient récemment prévenu des dangers liés à une répression trop ferme sur le commerce parallèle.

Les revenus locaux reposent fortement sur le trafic illégal. Lorsque le régime de Ben Ali a tenté de faire passer une "taxe de passage" en 2010, "c'est parti en flammes", rappelle Moncef Kartas.

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"Nous ne vivrons plus jamais ça", avait déclaré à l'ICG un habitant de Ben Guerdane en référence aux années noires précédant l’ouverture de la frontière en 1988.

Les protestataires ont revendiqué, aussi, l'accélération de la mise en oeuvre des projets programmés dans la région tels que la création de la zone industrielle, la zone logistique et la zone de libre-échange.

La fermeture du poste de Ras Jedir porte le risque de voir s'enflammer une région déjà en proie à la crise économique et très dépendante du commerce parallèle avec la Libye.

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