MAGHREB
31/01/2014 13h:05 CET

Qatar: La FIFA exige de meilleures conditions pour les travailleurs étrangers

Une réunion du comité stratégique de la FIFA
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Une réunion du comité stratégique de la FIFA

La Fédération internationale de football (FIFA) a "exigé" que le Qatar présente des mesures concrètes pour améliorer le sort des travailleurs immigrés des chantiers du Mondial 2022, alors que plusieurs ONG et syndicats n'ont cessé de dénoncer une exploitation "alarmante".

Une FIFA inhabituellement ferme avec le Qatar

Dans un courrier envoyé par son secrétaire général Jérôme Valcke, la Fifa demande au comité organisateur de "présenter d'ici au 12 février 2014 un état des lieux sur l'amélioration des conditions de travail au Qatar".

La FIFA compte sur ce rapport en vue de la prochaine audience du Parlement européen le 13 février à Bruxelles.

Dans une résolution adoptée en novembre, les eurodéputés s'étaient dits "préoccupés" par les conditions des travailleurs migrants au Qatar, et fait part de leur crainte que la mortalité sur les chantiers puisse empirer à l'approche du Mondial.

Les élus en avaient appelé "à la responsabilité des entreprises européennes" impliquées dans les chantiers, pour qu'elles fassent respecter les normes sociales, mais également à celle de la FIFA, qui doit, selon eux, "envoyer un message clair et fort".

La main d’œuvre étrangère au Qatar, esclavage moderne poussé à son extrême

Les travailleurs étrangers au Qatar représentent 1,2 millions d’individus soit près de 94% de la main d’œuvre locale. Ce nombre est par ailleurs appelé à augmenter de façon exponentielle dans les années à venir en raison des travaux titanesques entrepris pour le Mondial de football (9 stades et de nouvelles routes pour un budget de 20 milliards de dollars).

Les conditions de travail dans lesquels opèrent ces ouvriers sont pourtant loin de refléter l’apport vital qu’ils représentent pour le petit émirat.

Les travailleurs s'engagent pour une durée determinée et l'employeur prend en charge tous les détails de leur installation, visa de travail et logement inclus. Mais le revers de la médaille est bien sombre.

Ces travailleurs se retrouvent immédiatement pieds et poings liés à leur employeur, qui devient leur sponsor. Sans son aval, impossible de changer de travail, de quitter le pays ou encore de louer un logement.

De nombreuses ONG tentent de profiter de l’attention médiatique apportée par la Coupe du monde pour faire évoluer les choses.

La directrice pour le Moyen-Orient de l’organisme Human rights watch (HRW), Sarah Leah:

"Les ouvriers qui construisent les stades ne bénéficieront pas de la promesse générale faite par le Qatar de mettre fin au système de parrainage: ils ont besoin qu'une date soit fixée pour que ce soit fait, avant qu'ils ne commencent à travailler pour préparer la Coupe de la FIFA. Le gouvernement doit garantir que les stades de pointe high-tech qu'il prévoit de construire pour les supporters de la Coupe du Monde ne soient pas bâtis sur le dos d'ouvriers exploités et abusés."

Le dernier rapport en date de cette organisation intitulé est sans concession envers un système de travail qui "rend les travailleurs migrants prisonniers de leur emplois".

Basé sur des entretiens avec 73 ouvriers du bâtiment, ce rapport fait la part belle aux conditions sanitaires et de sécurité déplorables. Des conditions que ces immigrés sont obligés d’accepter, la plupart ayant hypothéqué leur maison ou vendu des biens familiaux pour obtenir ce travail.

Amnesty International s’est également intéressé à la question".

Le lobbying des ONG commence à porter ses fruits. En plus des exigences de la FIFA, le Comité suprême Qatar 2022 et la société chargé de superviser les travaux, CH2M HILL, se sont engagés à définir de nouvelles normes de travail auxquels seront tenus les constructeurs et autres entrepreneurs.

HRW continue cependant à s'inquiéter des confiscations de passeports et du non-paiement de frais de recrutement. Aucun engagement clair n'a été pris dans ce sens.

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