MAGHREB
20/01/2014 05h:48 CET | Actualisé 20/01/2014 07h:19 CET

Tunisie: Protestations contre l'inscription de l'interdiction du "Takfir" dans la Constitution

Un sit-in ouvert sera entamé, à partir de ce lundi, devant l'Assemblée nationale constituante (ANC) pour revendiquer l'amendement de l'article 6 du projet de Constitution, selon le comité d'organisation du sit-in pro-légitimité de Bardo.

"Les protestataires émettent des réserves contre les expressions contenues dans l'article 6 du projet de Constitution, notamment "liberté de conscience" et "interdiction des accusations d'apostasie" et réclament leur "suppression", ont expliqué, dimanche soir à l'Agence TAP, les membres du comité d'organisation Abdelhamid Troudi et Hatem Jlassi.

Ce mouvement de protestation intervient dans le prolongement du sit-in pro-gouvernement organisé aux mois de juillet et d'août dernier au Bardo, ont-ils précisé.

Lire: Tunisie: La notion de "takfir" introduite dans les principes généraux de la Constitution

Dimanche, le conseil islamique supérieur et des associations se sont mobilisés pour demander la révision de l'article 6 du projet de Constitution et la suppression de "l'interdiction d'accusation d'apostasie".

Les membres du Conseil islamique supérieur, de l'association des Imams et de la Coalition nationale de soutien de la légitimité électorale ont effectué dimanche une visite à l'assemblée nationale constituante pour présenter leurs vues concernant certains articles du projet de Constitution.

Lors de cette visite une déclaration du conseil islamique supérieur a été adressée aux constituants pour demander la révision de l'article 6 du projet de la Constitution et d'en supprimer particulièrement les notions de "liberté de conscience" et "interdiction d'accusation d'apostasie".

De son coté Abdelhamid Troudi, coordinateur général de la coalition nationale de soutien à la légitimité électorale a fait part des réserves de son organisation concernant la Constitution dont certains articles ont été élaborés "sous la pression et les surenchères", a-t-il dit. Ce même discours avait été exprimé par certains membres du mouvement Ennahdha dont Sadok Chourou.

"Il est nécessaire de supprimer la notion de liberté de conscience de la Constitution dans la mesure où elle renvoi à des aspects contraires aux préceptes de l'Islam qui appellent à adhérer à des courants extrémistes et à adopter des comportements marginaux qui menacent la cohésion de la société, la sécurité du pays et suscitent la discorde", lit-on dans la déclaration du conseil.

Le conseil a aussi soutenu que l'interdiction d'accusation d'apostasie est en contradiction avec la liberté d'opinion, d'expression et les fondements des sciences religieuses. "Il s'agit d'une notion sujette à restrictions élaborées par l'autorité en la matière qui risque en vertu de ce texte de subir par conséquent des sanctions pénales", a encore précisé la déclaration.

Le conseil a proposé la suppression du principe d'interdiction d'accusation d'apostasie de la Constitution et de le remplacer par un texte de loi à l'instar des textes qui sanctionnent la déclaration publique de mécréance ou encore l'atteinte au sacré.

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