MAGHREB
02/01/2014 07h:35 CET | Actualisé 02/01/2014 07h:45 CET

Tunisie: I Watch récompensera "le dénonciateur de l'année"

Facebook/ I Watch

“Le dénonciateur de l'année”. C'est le prix qui sera attribué par l'association I Watch Tunisia à celui qui a eu “le courage de dévoiler des cas de corruption”, malgré “les campagnes de dénigrement et le harcèlement”.

Trois personnes sont en lice. La blogueuse Olfa Riahi pour son enquête dite du “Sheraton Gate” qui met en cause l’ancien ministre des Affaires étrangères Rafik Ben Abdessalem dans une affaire de corruption. L’avocate et présidente de l’association Liberté et Équité Imen Triki, pour son rapport sur “la torture dans les prisons et centres de détention”, et Haythem Sghaier, Maître-assistant, pour ses révélations de cas de corruption au sein de l'unité interne de microbiologie au Centre National des Sciences et Technologies Nucléaires (CNSTN) où il était employé avant d’être licencié.

Les internautes peuvent déjà voter, le vote est ouvert jusqu’au 11 janvier.

C’est quoi un “dénonciateur” ?

Pour I-Watch, un dénonciateur n’est pas un “indic” ou un simple informateur, mais une personne qui reporte des “activités illégales”.

"Les dénonciateurs" sont des personnes qui ont choisi de sacrifier leur bien-être pour le bien des autres et celui de la Tunisie. Ils reportent des activités injustes ou illégales, souvent reliées à des cas de corruption, dans des ministères, des entreprises privées et même des organisations”, indique un communiqué de l’association.

C’est la deuxième fois que l’association lance ce Prix. Lors de la première édition, le prix a été décerné à l’ancien agent de police Samir Feriani. Son cas reste toutefois controversé. Il a fait l’objet de poursuites pour “allégation d’informations mensongères contre un fonctionnaire et publication d’informations de nature à troubler l’ordre public” après des révélations à la presse sur les agissements de la police lors des évènements de la révolution tunisienne en 2011. Si certains l'ont beaucoup soutenu, d'autres lui on reproché le non-respect du devoir de réserve.

Lutte contre la corruption

Fondée en mars 2011, l'association i Watch Tunisia a fait de la lutte contre la corruption sa priorité, et a signé un accord avec Transparency International pour la représenter en Tunisie. Le 25 décembre dernier, elle a lancé Billkamcha, une plateforme web qui permet aux citoyens de signaler les cas de corruption, sous toutes ses formes".

"La plateforme Billkamcha regroupera les alertes des citoyens quant aux cas de corruption, des pots de vins, des fraudes, de l'absence de transparence dans l’administration, et même de l'achat de voix des électeurs lors des prochaines échéances électorales en Tunisie”, avait déclaré au HuffPost Maghreb Mouheb Garoui, 26 ans, étudiant en relations internationales et président de l’association I Watch Tunisia.

Le prochain dossier auquel s'attaquera I Watch sera le contrôle de l’argent dépensé dans les campagnes électorales, législatives et présidentielle. "Ce sera une première dans toute l'Afrique du Nord" s'est félicité son président.

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