MAGHREB
31/12/2013 05h:08 CET

Le ministère de la santé propose l'application "progressive" de la loi relative aux médecins spécialistes

Flickr/AmineGhrabi

Le ministère de la santé a proposé lundi 30 décembre, "une application progressive" du projet loi relatif au service obligatoire pour les médecins spécialistes dans les régions.

"Nous proposons l'application progressive des dispositions du projet de loi avec un service d'une année à l'intérieur du pays pour les résidents de la 3eme, 4eme et 5eme année. Les résidents de première et deuxième année auront à passer une année et demi alors que les internes auront à passer 2 années (entières)" a expliqué le ministre de la santé Abdellatif Mekki lors d'une conférence de presse, lundi à la Kasbah.

Une séance de négociation entre le ministère de la santé et les représentants des médecins est prévue ce mardi après-midi. Un représentant de l'UGTT prendra part à cette réunion.

"À ce jour, nous n'avons reçu aucune proposition concrète de la part des médecins" a encore relevé M. Mekki, affirmant que le projet de loi qui instaure le travail obligatoire de trois ans à l'intérieur du pays pour les médecins spécialistes vient "pour organiser les potentialités disponibles" a-t-il dit et pour répondre aux besoins du pays estimés à 2 mille médecins spécialistes.

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Le boycott des internes et résidents

"Le projet de loi a été proposé par l'Assemblée constituante. Le ministère n'est intervenu à ce niveau que comme facilitateur", a indiqué Abdellatif Mekki, appelant les médecins à trouver une solution le plus rapidement possible, d'autant plus que les médecins ont refusé de procéder au choix de leurs stages dans les établissements hospitalo-universitaires en signe de protestation.

Contactée par le HuffPost Maghreb, une jeune étudiante en médecine a réagi à cette déclaration: "C'est une stratégie pour diviser les médecins, le ministère a fait cette proposition pour en faire taire certains et pouvoir agir comme il le veut! Ce qui est sûr, c'est que la solidarité de tous les jeunes médecins restera la même. nous ne lâcherons pas!"

Ce projet de loi prévoit l'instauration d'un service obligatoire de trois ans dans des services hospitaliers pour les médecins spécialistes souhaitant s'installer dans le secteur privé. Les affectations seraient alors déterminées par le ministère de la Santé selon les besoins, et donc de facto dans les régions intérieures du pays. L'administration délivrerait aux médecins ayant achevé la durée obligatoire de travail dans le secteur public un certificat nécessaire pour exercer dans le privé.

Le projet de loi est contesté par l'ensemble des médecins syndiqués. Le projet de loi concerne à la fois les étudiants internes et externes souhaitant se spécialiser et les médecins résidents ainsi que les assistants (déjà spécialistes).

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Découvrez le boycott des résidents de Tunis en images: