MAGHREB
24/12/2013 13h:13 CET | Actualisé 24/12/2013 13h:26 CET

Manque de vocation à l'instance nationale contre la torture?

L'instance nationale de prévention contre la torture en quête de candidats.
European External Action Service - EEAS
L'instance nationale de prévention contre la torture en quête de candidats.

Elle peine à attirer. L'"Instance nationale de prévention contre la torture" cherche encore ses membres. Faute de candidatures suffisantes, le délai de dépôt des dossiers a été reporté au 4 janvier plutôt qu'au 15 décembre. Une instance pourtant capitale pour le processus transitionnel en Tunisie, où la torture est encore loin d'être éradiquée. Depuis septembre 2012, Radhia Nasraoui, la présidente de l'Association de lutte contre la torture, a comptabilisé près de 200 cas de torture et de mauvais traitement.

  • A quoi ça sert?

Votée à l'Assemblée Nationale Constituante le 9 novembre 2013, cette instance n'existe encore que sur le papier. Elle a vocation à surveiller et contrôler tous les lieux de détention du pays pour détecter le moindre cas de torture. Prisons, postes de police, centres de transit dans les ports ou les aéroports, hôpitaux psychiatriques: tous ces lieux d'enfermement recevront des visites surprises – ou non – des membres de l'instance.

Des membres habilités à “interroger en privé les détenus, à documenter les actes de tortures et les mauvais traitements, ordonner des enquêtes pénales et administratives et à recommander des mesures pour éliminer la torture et les mauvais traitements", explique Human Rights Watch.

Fort de cette connaissance du terrain, "les membres de l'instance pourront éventuellement participer à des commissions au sein de l'ANC et ainsi être associés aux futurs projets et textes de loi autour de la torture" assure Souad Adberrahim, député Ennahdha et présidente de la commission des droits et libertés de l'ANC.

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  • Un manque de vocation?

Jusqu'à aujourd'hui, Souad Abderrahim n'a reçu que 65 candidatures. Un nombre qu'elle juge très faible. "Je n'ai pas encore ouvert les lettres, peut-être a-t-on déjà les profils idéaux dans ces 65 dossiers mais on aurait quand même aimé en recevoir davantage!" explique-t-elle.

"Il s'agit d'un travail de bénévolat, nous n'exigeons pas que les membres quittent leurs engagements professionnels" ajoute-t-elle.

Sur l'équipe, seuls le président et le secrétaire général seront employés à temps complet.

Après la date butoir, toutes les candidatures seront épluchées, triées pour que 48 dossiers conformes soient présentés en session plénière. 48 candidatures pour 16 places.

  • Quels critères pour devenir membre?

Les candidats doivent avoir la nationalité tunisienne et être indépendant. Mais c'est d'abord leur métier qui fera la différence. Sur les seize experts prêts à y siéger, le panel est précis et détaillé d'avance : six personnes issues de la société civile, trois médecins, deux professeurs universitaires, deux avocats, deux juges à la retraite et enfin, un spécialiste de la protection de l’enfance.

Les personnes intéressées ont donc jusqu'au 4 janvier pour se faire connaitre.

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