MAGHREB
12/12/2013 13h:41 CET | Actualisé 12/12/2013 13h:44 CET

Tunisie: Une zone de libre échange envisagée pour lutter contre la contrebande

Un véhicule transportant du carburant de contre-bande sur la route de El-Houareb près de Kairouan.
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Un véhicule transportant du carburant de contre-bande sur la route de El-Houareb près de Kairouan.

l'Institut tunisien des études stratégiques (ITES) a organisé, ce jeudi 2 décembre à Dar Dhiafa (Banlieue nord de Tunis), une journée d'étude sur le thème de "la contrebande et le commerce parallèle".

La zone de libre échange, solution miracle?

A cette occasion, Kamel Laroussi, chercheur à l'ITES a suggéré de créer "sur les frontières tunisiennes, d'une zone de libres échanges qui sera baptisée "la zone maghrébine d'industrialisation et de libre échange commercial"". Cette zone pourrait être, selon lui, la solution idoine pour lutter les phénomènes contrebande qui ont proliféré après la révolution

Pour M. Laroussi, ceci permettrait aux pays maghrébins et aux entreprises économiques de la région du Maghreb de créer "des entreprises industrielles mixtes et de les approvisionner en marchandises produites, exclusivement dans les pays concernés et aussi effectuer des échanges commerciaux avec des prix référentiels et exonérés de taxes douanières".

Le chercheur estime également que la lutte contre les pratiques de contrebande et de commerce parallèle nécessitent la mise en place d'instruments fermes de répression et des mécanismes de prévention dans le cadre de la loi et d'institutions cohérentes.

Pour Maâtar, une stratégie en trois axes: zone de libre échange, révision des tarifs douaniers et légalisation du secteur informel

Le ministre du Commerce et de l'Artisanat, Abdelawaheb Maâtar a plaidé, lui, pour la mise en place d'une nouvelle stratégie de réforme structurelle pour lutter contre ces deux phénomènes qui menacent, aujourd'hui, l'économie tunisienne.

Cette stratégie doit s'articuler, d'après M. Maâtar, autour de trois axes: l'ouverture de zones de libre échange sur les frontières de la Tunisie à l'instar de Ben Guerdane et Tatouine, la révision des lois fiscales concernant les tarifs douaniers de certains produits et la légalisation du secteur informel qui représente actuellement 54% du commerce global.

Il a expliqué que la légalisation du commerce parallèle doit se faire via l'identification d'alternatives pour pratiquer les activités de commerce dans des cadres légaux et structurés.

Selon le ministre du commerce, le contrôle des frontières et l'organisation de brigades mixtes entre l'Armée, la Douane et la Garde nationale pour lutter contre la contrebande, "ne suffit pas, face à l'évolution de ce concept de la contrebande qui a dépassé les frontières pour s'organiser dans des circuits au sein même de la douane à travers la corruption".

Il a fait remarquer que l'accroissement des activités de commerce parallèle grâce à la prolifération de la contrebande, "ne fait qu'accroître le taux de pauvreté, réduire les ressources de l'Etat et la justice sociale et minimiser les chances d'une répartition équitable des richesses, lesquelles ne prospèrent que dans le cadre de circuits structurés".

Le ministre du commerce a confirmé, par ailleurs, que les marchandises commercialisées à travers la contrebande sont essentiellement des produits subventionnés, ce qui constitue encore une perte pour l'Etat.

Selon l'économiste Mohammed Haddar s'exprimant à l'occasion d'une table ronde de l'association tunisienne des économistes, le commerce parallèle est un secteur illégale mais toléré par les autorités du fait de son poids économique et social et la solution à ce problème doit nécessairement être multidimensionnel.