MAGHREB
10/12/2013 03h:41 CET | Actualisé 10/12/2013 09h:10 CET

L'Afrique du Sud et le monde rendent hommage à Mandela (VIDÉO)

"Nkosi sikelel' iAfrika", Que Dieu bénisse l'Afrique. C'est avec l'hymne sud-africain qu'a débuté ce matin au stade Soccer City de Soweto la cérémonie historique d'adieu à l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, décédé jeudi soir à l'âge de 95 ans, en présence de 50.000 personnes ainsi que d'une impressionnante brochette de chefs d'Etat.

Brandissant des drapeaux sud-africains, enveloppés dans des couvertures ou des étoffes jaunes et vertes avec les mots "Mandela pour toujours", certains dansaient sous leur parapluie, chantant "Le fils est parti" ou "Mandela ne dort pas, il s'agenouille".

"Il est celui qui a fabriqué de l'Afrique du Sud. Même s'il doit pleuvoir des cordes, nous allons célébrer notre géant", s'enthousiasme Kagiso Dhladhla, en tenue zouloue brodée de perles.

Suivez en direct la cérémonie en vidéo en haut de l'article

Les Sud-Africains ne se sont toutefois pas déplacés en masse. Le stade Soccer City de Soweto n'était qu'aux deux-tiers plein, sous une pluie battante, mais la foule n'a cessé de danser et chanter, dans une ambiance de meeting, en attendant le début la cérémonie, qui a commencé avec une heure de retard.

Une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement

Une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement y ont participé, avec des dizaines de personnalités du monde de la culture et des arts et bien sûr une foule d'anonymes, tous unis par leur admiration et le respect pour le père de la "Nation arc-en-ciel".

Le président américain Barack Obama, longuement acclamé par la foule, a notamment déclaré: "Il est difficile de faire l'éloge d'un homme... encore plus difficile de faire celui d'un géant de l'Histoire, qui a conduit une nation vers la justice".

"L'Afrique du Sud a perdu un père. Le monde a perdu un ami cher et un mentor", a dit le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon dans son éloge funèbre.

Le président tunisien Moncef Marzouki s'est rendu en Afrique du Sud pour l'occasion. L'Algérie a de son côté envoyé une délégation de haut niveau conduite par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, et désignée par le président Abdelaziz Bouteflika.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a également assisté à la cérémonie, tout comme son homologue français François Hollande et le prédécesseur de ce dernier, Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lui, n'a en revanche pas été des leurs, ayant décidé d'annuler sa participation à cause du coût du voyage (1,45 million d'euros, pour son transport et sa sécurité sur place).

Les people n'étaient pas en reste: le chanteur Bono, l'actrice Charlize Theron et la top-model Naomi Campbell étaient ainsi présents dans les tribunes.

Emotion

Quelques centaines de personnes avaient attendu dès l'aube à Park Station, la gare centrale de Johannesburg, le train -gratuit pour l'occasion- devant les conduire au stade. D'autres venaient dans des bus, gratuits eux aussi.

A l'arrivée, ils étaient accueillis par un chaleureux "Bienvenue! Soyez tous les bienvenus! Viva Tata Madiba, Viva!" lancé par haut-parleur. La foule répondait par des "Viva!", comme dans les meetings de l'ANC.

"Les Blancs ne savent pas toujours ce par quoi les gens sont passés pendant la lutte contre l'apartheid", a estimé Marcel Boezaart, un Afrikaner de 26 ans, dans le même train. "Je vais à la cérémonie pour rejoindre le sentiment national, pour sortir de ma bulle", a-t-il relevé, alors que les Sud-Africains, Noirs et Blancs, vivent toujours des vies très séparées près de vingt ans après la fin de l'apartheid.

Mpumi Tshabalala, 29 ans, a dormi devant le stade de Soweto. "Mandela a fait tellement pour l'Afrique du Sud. Venir, c'est le mieux que je puisse faire pour lui. C'est un honneur pour moi d'être ici", s'est émue la jeune femme. "La pluie c'est un signe de bénédiction en Afrique", a ajouté une dame de 52 ans, parmi les premières à prendre place dans les gradins.

"Je me sens bizarre, si heureux d'être ici et de voir tout ces gens qui viennent mais en même temps je suis triste", indique Ajay Patel, 48 ans, venu avec sa fille et une amie. "C'est une grande perte, personne ne peut dire le contraire".

Nelson Mandela a passé 27 ans en prison pour avoir combattu la ségrégation raciale dans son pays avant de négocier une transition pacifique parachevée par son élection à la présidence, en 1994. Une fois au pouvoir, le champion de la lutte pour l'égalité s'est mué en grand réconciliateur, multipliant les gestes de pardon envers ses anciens oppresseurs blancs.

Après la cérémonie d'hommage officiel, mardi, la dépouille du héros national sera exposée pendant trois jours au siège du gouvernement à Pretoria, des processions étant prévues chaque matin dans les rues de la capitale.

Elle sera transférée samedi vers le petit village de Qunu, dans le sud-est rural du pays, la terre des ancêtres Xhosas de Mandela. C'est là qu'il sera enterré dimanche aux côtés de trois de ses enfants, lors d'une cérémonie traditionnelle mêlant le culte chrétien et le rite xhosa.

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