MAGHREB
26/11/2013 07h:37 CET | Actualisé 26/11/2013 08h:28 CET

Tunisie: La cote de Abdelkrim Zbidi au plus haut pour le poste de Premier ministre... Les médias se sont-ils trop vite avancés?

Les Unes des journaux du mardi 26 novembre 2013
Les Unes des journaux du mardi 26 novembre 2013

L'ancien ministre de la Défense fait la Une des médias ce matin. "C'est pratiquement fait. Abdelkrim Zbidi, ancien ministre de la Défense, est sur le point d'être choisi", affirme La Presse. "Ce sera Abdelkrim Zbidi ou le néant", titre Le Quotidien avant de prendre quelques précautions d'usage: "Abdelkrim Zbidi pourrait être nommé à la tête du gouvernement. Mais le risque d'échec plane toujours". Même son de cloche pour le quotidien Le Temps, pour qui "sauf retournement de situation, ce sera Abdelkrim Zbidi"... Les médias vont-ils trop vite en besogne?

Pour Karima Souid, députée Al Massar, les médias seraient "probablement" manipulés

"Il y a une personnalité qui a fait consensus"

L'interview de Abdessatar Ben Moussa, président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) et membre du quartet de médiation, dans la matinale de Shems FM a fait des vagues. "Tous les partis se sont mis d'accord sur une personnalité nationale pour diriger le prochain gouvernement", titre la radio privée.

Cependant, remise dans son contexte, la déclaration est moins tranchée, plus nuancée. "De mon point de vue, il est nécessaire de parvenir à un accord cette semaine et même en début de semaine. J'espère que nous réussirons, autrement nous dirons la vérité (sur ceux qui ont fait échouer le dialogue)", affirme M. Ben Moussa.

"Il y avait une personnalité, que je ne nommerai pas, qui faisait consensus auprès de la plupart des partis politiques. Mais il y a eu un problème secondaire faisant état d'un blocage de la part de la présidence de la République. Cela n'était pas vrai".

Abdessatar Ben Moussa évoquait la candidature de Abdelkrim Zbidi, mais le consensus auquel il a fait référence remontait, selon toute vraisemblance, au 4 novembre, jour de la suspension du dialogue national. M. Zbidi avait en effet refusé ce jour-là le poste en raison de la position prêtée au président de la République.

"D’autres personnalités, des jeunes parmi les noms proposés, peuvent remplir cette mission et faire également l'objet d'un consensus", a ajouté M. Ben Moussa.

Les médias se sont-ils trop avancés?

Le soir même, Abdessatar Ben Moussa a déclaré sur les ondes d'Express FM que "concernant le chef du gouvernement, il n'y avait pas encore d'accord. Si vous voulez mon avis, il est primordial de trouver une solution cette semaine, car il n'est pas raisonnable que le dialogue soit suspendu indéfiniment", a-t-il précisé.

A l'issue de la réunion du quartet lundi soir, Mouldi Jendoubi, secrétaire général adjoint de l'UGTT, a de même nié tout consensus autour du nom du futur Premier ministre. "Il n'y a rien de nouveau dans les pourparlers", a indiqué de son côté Hamma Hammami.

Par ailleurs, les médias affiliés à l'un ou l'autre camp accusent. "Adhamir" (proche des islamistes) s'insurge contre les déclarations prêtées à Abdessatar Ben Moussa. Pour le journal, le président de la LTDH tente, avec ses "insinuations", de mettre Houcine Abassi et Ennahdha devant le fait accompli. "Dans le cas d'un refus d'Ennahdha concernant le candidat du Front populaire (sic) Abdelkrim Zbidi, le parti serait accusé d'avoir fait échouer le dialogue devant le peuple et devant les parties étrangères", met en garde Adhamir.

Et comme réponse à cette mise en garde, le journal "Essour" (proche de l'opposition) assure que le dialogue national a définitivement échoué et que Abdelkrim Zbidi "tracasse" Ennahdha, qui se penche à présent sur la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Si les noms de Abdelkrim Zbidi et de Jalloul Ayed sont de plus en plus cités dans les couloirs d'un dialogue national suspendu depuis trois semaines, aucune autre déclaration que celle de Abdessatar Ben Moussa sur Shems FM ne laisse donc présager à ce jour de la conclusion d'un quelconque accord.