MAGHREB
22/11/2013 15h:19 CET

Amnesty International demande au Président Barack Obama de faire pression auprès de Mohamed VI

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Barack Obama recevra le Roi Mohamed VI à la Maison Blanche. A cette occasion Amnesty International demande au Président américain de faire pression auprès du Maroc afin d’abroger une loi décriée qui permet au violeur d'une mineure d'échapper à la prison en épousant sa victime.

"Il est effrayant que cet état d’esprit soit entériné par la loi. Le Code pénal permet aux violeurs d’échapper aux poursuites en épousant leur victime. La législation introduit une discrimination à l’égard des femmes et des jeunes filles, et ne prévoit guère de protection lorsqu’elles subissent des violences sexuelles", déplore l’organisation dans un communiqué
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L’opinion publique avait été choquée en 2011 par le suicide d'Amina Filali, 16 ans, contrainte d'épouser son violeur, celui-ci échappant de la sorte à la prison en vertu de l'article 475 du code pénal marocain.

"Les retards enregistrés dans le cadre de la réforme juridique au Maroc laissent les femmes et les jeunes filles à la merci des abus. D’autres vies seront mises en danger à moins que l’on ne réduise l’écart entre le discours des autorités sur les améliorations à apporter à la loi et la mise en œuvre de ces changements", a précisé Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.

L’organisation dénonce également l’affaire du "baiser de Nador". Pour avoir publié la photo d’un couple qui s’embrasse, trois adolescents marocains sont jugés pour "atteinte grave à l'éducation et à la culture marocaines" et "atteinte aux sentiments des citoyens". La peine de prison a été écartée par le parquet, qui a demandé que les jeunes soient simplement blâmés.

Dans son communiqué, Amnesty International exprime sa profonde préoccupation face aux atteintes aux droits humains au Maroc et notamment au Sahara Occidental.

"La visite du roi aux États-Unis donne au président Obama l’occasion de se joindre à tous les Marocains qui réclament que ces questions pressantes soient résolues", a indiqué l’organisation des droits de l’Homme.