MAGHREB
20/11/2013 12h:46 CET | Actualisé 20/11/2013 14h:39 CET

Tunisie: Ennahdha s'engage à retirer les amendements controversés... L'opposition conditionne son retour à l'Assemblée

Flickr/US Islamic World Forum

Lors d'une conférence de presse tenue à l'Assemblée nationale constituante (ANC), le président du groupe parlementaire d'Ennahdha, Sahbi Atig a annoncé la disposition de son parti à retirer les amendements controversés du règlement intérieur.

Sahbi Atig a indiqué que cette décision a été prise dans le but de débloquer les pourparlers au sein du dialogue national. "Si c'est la raison pour laquelle nos collègues de l'opposition ont suspendu leurs activités, alors nous sommes disposés à annuler ses amendements", a-t-il ajouté.

Au cœur de la polémique

La polémique repose essentiellement sur les articles 36 et 79 du règlement intérieur. Les amendements opérés permettent au bureau de prendre des décisions même en l'absence de la moitié de ses membres (article 36) et donnent le pouvoir à la majorité absolue des députés (109) de décider de la tenue d'une plénière et de son ordre du jour, sans passer par le bureau de l'Assemblée (article 79).

Le vote de ces amendements avait entraîné la suspension des activités des députés de l'opposition et d'Ettakatol. Ces derniers accusent les députés majoritaires de vouloir délester le bureau et le président de l'Assemblée constituante de leurs prérogatives pour avoir une mainmise sur ladite Assemblée.

LIRE:La revanche des députés légitimistes... Un "putsch" selon les députés de l'opposition et d'Ettakatol

Retour à l'Assemblée?

En réponse aux engagements annoncés par Ennahdha, des députés de l'opposition ont fait connaître leur position lors d'une conférence de presse organisée le même jour.

Ces derniers ont en effet décidé de participer à la séance plénière consacrée à la nouvelle révision du règlement intérieur, afin d'en annuler les modifications. Cependant, la reprise des activités au sein de l'Assemblée dépendra de la reprise du dialogue national, a indiqué Khemais Ksila, député du parti Nida Tounes.

Des élus d'Ennahdha font de la résistance

Pour autant, tous les députés du parti islamiste ne sont pas d'accord. En effet, lors de la séance plénière tenue ce mercredi, certains députés d'Ennahdha ont martelé leur attachement à la légitimité et aux prérogatives de l'Assemblée constituante. Néjib Mrad a ainsi affirmé que les décisions du dialogue national ne l’engageaient pas et que les amendements du règlement intérieur ne devraient en aucun cas être retirés.

D'autres élus "légitimistes" s'étaient également vivement opposés à une nouvelle révision du règlement intérieur de l'Assemblée. Les députés du CPR, du Courant démocratique et de Wafa s'étaient en effet insurgés contre les méthodes de l'opposition que Samia Abbou a qualifiées de "fascistes".

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