MAGHREB
20/11/2013 14h:11 CET | Actualisé 21/11/2013 02h:35 CET

Création de l'ATT: "Lutter contre la cybercriminalité" pour le ministère des TIC... "Espionner les citoyens" pour le parti Pirate

Shutterstock / Nomad_Soul

L'Agence technique des télécommunications (ATT) est officiellement créée, a annoncé, mercredi, le ministère des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), dans un communiqué. Le décret portant sur sa création a été publié au JORT en date du 12 novembre.

L'Agence, qui a le statut d’institution publique à caractère administratif, est indépendante financièrement mais placée sous la tutelle du ministère des TIC. Elle assurera l'assistance technique aux enquêtes judiciaires concernant la lutte contre la cybercriminalité, a précisé le département des Technologies de l'information dans son communiqué.

"La création de cette agence vient confirmer la conviction de la nécessité de protéger le cyberespace national (espace immatériel ou virtuel national) des crimes en parallèle avec la protection de l'espace réel et matériel du pays", a indiqué la même source.

LIRE >Tunisie: La création de l'Agence Technique des Télécommunications inquiète

Cette agence œuvrera à renforcer les principes de respect des droits de l'Homme et contribuera, d'après le ministère, à l'établissement des garanties nécessaires pour protéger les données personnelles et mettre en place des règles de transparence dans les enquêtes sur les crimes du cyberespace.

Le parti Pirate hausse le ton

Dans un communiqué, le parti Pirate a dénoncé la création de l’ATT, qualifiant le décret portant sur sa création de “ridicule” et remettant en cause la légitimité de cet établissement, qui fonctionnera avec “les mêmes outils et les mêmes ressources humaines que du temps de Ben Ali”.

Dans son communiqué, le département des TIC indique qu'il a décidé un ensemble de garanties juridiques, procédurales, structurelles, réglementaires et de contrôle dans l'objectif de consacrer, dans le cadre des activités de l'agence, les principes du respect des droits de l'Homme, la protection des données personnelles, la liberté d'expression sur Internet et le droit d'accès libre à l'information.

Mais pour le parti Pirate, l’ATT aura pour mission d’“espionner les citoyens”, de “pirater leurs données personnelles” et de “réprimer l’opposition (puisque) le directeur de l’établissement est nommé par le chef du gouvernement”. Plusieurs articles du décret ont également été critiqués, notamment la définition de la cybercriminalité qui “peut toucher la liberté d’expression et de la presse”, note le communiqué.

La création par décret de l’ATT a suscité la polémique sur les réseaux sociaux en Tunisie, et ravivé les souvenirs d’Ammar 404, symbole de la censure sous le régime de Ben Ali. L’Agence Tunisienne d’Internet (ATI), qui avait la même mission à cette époque, a engagé un processus de réforme depuis la révolution et lutte contre toutes les tentatives de censure.

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.