MAGHREB
08/11/2013 13h:29 CET

Amendement du RI ou "putsch" parlementaire: Les députés n'ont toujours pas enterré la hache de guerre

Une réunion de la commission chargée de l'amendement du Règlement intérieur s'est tenue ce vendredi, afin de réviser les modifications controversées votées en séance plénière lundi dernier.

Les amendements apportés par les présidents des blocs parlementaires restent limités. La réunion du bureau n'est possible qu'à la majorité absolue des membres (au lieu des deux tiers initialement) et les délais d'une séance plénière à la demande de 109 députés seraient fixés par le bureau.

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Les députés de l'opposition restent pour autant défavorables à tout amendement supplémentaire, appelant à l'annulation de ces modifications. La réunion a connu des échanges tendus entre les deux camps.

D'autres députés présents ont tenté d'apaiser ces tensions, dans le but de parvenir à une solution.

Mais la hache de guerre ne sera pas enterrée aujourd'hui...

L'opposition conditionne son retour à l'Assemblée

Réuni jeudi soir, le Front du salut national a conditionné la reprise du dialogue national au retrait des amendements apportés au règlement intérieur de l'Assemblée nationale constituante qu'il qualifie de "complot sur le processus du dialogue".

Dix députés du groupe démocrate, dont Khemaies Ksila, ont rencontré jeudi le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail ( UGTT) Houcine Abassi.

"Abassi s'est dit conscient du préjudice porté par les amendements introduits sur le texte du Règlement intérieur au dialogue national et à la feuille de route", a lancé Ksila.

Les députés ont indiqué qu'ils n'approuvaient que l'amendement de l'article 106, relatif à l'adoption de la Constitution, dans le sens où cet article contribue à l'accélération du processus constitutionnel.

Khemaïs Ksila a affirmé qu'il écartait la reprise du dialogue national tant que ces amendements seraient maintenus.

Il s'est enfin déclaré satisfait de l'adhésion des députés d'Ettakatol à ce mouvement: "nous espérons qu'ils maintiendront cette position", a-t-il conclut.

Les deux articles controversés ont été rejetés par Ettakatol dans la mesure où ils limitent les prérogatives du président de l'ANC.

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Ennahdha rassure

De son côté, Zied Laâdhari, porte-parole du mouvement Ennahdha a assuré que son parti oeuvrait à dépasser les conflits à travers de nouvelles solutions consensuelles permettant la reprise des travaux au sein de l'ANC et du dialogue national. Il a appelé les députés du bloc démocratique et d'Ettakatol à assumer leur part de responsabilité dans le blocage du processus constituant.

L'amendement du Règlement intérieur voté par l'Assemblée et la suspension des activités parlementaires des députés de l'opposition viennent s'ajouter à la suspension du dialogue national décidée lundi. La feuille de route proposée par les parrains du dialogue national prévoyait un délai d'une semaine pour le choix du futur chef du gouvernement et la mise en place de l'Instance électorale.

Dans le même temps, l'Organisation provisoire des pouvoirs publics et le Règlement intérieur devaient être amendés afin de permettre l'application d'une feuille de route aujourd'hui caduque, deux semaines après le démarrage officiel du dialogue national.

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